Cinq agents des forces de l’ordre fédérales, postés à différents endroits autour d’un site sensible du Colorado, ont rapporté à l’automne 2023 un spectacle qu’aucun d’eux ne savait décrire avec les mots habituels : une « orbe mère » orange qui, à plusieurs reprises, a semblé libérer de plus petites orbes rouges — silencieuses, sans image, sans mesure technique captée sur le moment. Le Pentagone a publié le 12 juin 2026 une reconstitution FBI de l’épisode, dans le cadre de la troisième vague de déclassifications de son programme PURSUE, et le classe officiellement dans les cas « non résolus ».
Un troisième lot de fichiers dans la mécanique PURSUE
Depuis le printemps 2026, le département américain de la Guerre (Department of War, DOW) publie par tranches régulières des archives longtemps classifiées sur les phénomènes anormaux non identifiés (UAP, Unidentified Anomalous Phenomena). Le portail officiel war.gov/UFO, lancé en mai 2026, a déjà reçu plus de 1,7 milliard de visites, d’après une synthèse relayée par Generation-NT. Les trois vagues successives — un premier lot le 8 mai, un deuxième le 22 mai, puis celui du 12 juin — s’inscrivent dans le programme PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters), déclenché par une directive du président Donald Trump demandant aux agences fédérales de passer en revue leurs archives UAP et de les rendre publiques.
Le 12 juin 2026, la troisième publication a rassemblé 72 documents provenant du FBI, de la CIA et du Pentagone — témoignages, vidéos et reconstitutions numériques —, d’après un décompte Reuters repris par U.S. News & World Report. Comme pour les deux vagues précédentes, seuls les cas officiellement « non résolus » sont versés au dossier public : le DOW publie ce qu’il ne sait pas conclure, pas ce qu’il a résolu.
Octobre 2023, Cheyenne Mountain : la nuit des « orbes lançant des orbes »
La pièce centrale de cette troisième vague est un résumé daté du 5 juin 2026, signé par l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office, le bureau du Pentagone chargé d’analyser les cas UAP). Il décrit un incident survenu en octobre 2023, sur deux nuits, près d’un « site sensible de sécurité nationale » — des entretiens ultérieurs du FBI ont situé le lieu près de Cheyenne Mountain, dans la région de Colorado Springs, où se trouvent notamment des installations liées au NORAD et à la défense aérospatiale.
Cinq agents des forces de l’ordre fédérales, positionnés à différents endroits, ont observé ce que le résumé de l’AARO appelle des « orbes lançant des orbes » (« orbs launching other orbs »). Selon le texte rendu public, une « orbe mère » orange et lumineuse est apparue à plusieurs reprises pendant plusieurs heures, libérant à chaque fois un groupe de deux à quatre « orbes » rouges plus petites, avant de disparaître. Les orbes présentaient des « profils cinématiques anormaux » : mouvement horizontal apparemment coordonné, changements d’altitude, stationnaire prolongé au-dessus d’une crête pendant des heures.
L’un des témoins a comparé la scène à « des grains de raisin expulsés d’un ballon de basket », selon la formulation reprise par Generation-NT. Toutes les descriptions convergent sur un point : le phénomène était totalement silencieux. Aucun agent n’a enregistré de photo, de vidéo ou de mesure technique pendant l’incident.
Ce que le FBI a fait — et ce qu’il n’a pas pu faire
Plusieurs semaines après les faits, des agents du FBI ont recueilli les témoignages et produit une reconstitution numérique, en partie diffusée avec le lot du 12 juin 2026. Le FBI a évalué les témoins comme « hautement crédibles ». Mais la reconstitution, par construction, ne vaut pas preuve physique : elle traduit visuellement des récits verbaux, avec ce que cela suppose d’arbitrages et d’incertitudes sur la perception.
L’AARO a qualifié l’incident de « suffisamment anormal pour justifier la poursuite de l’enquête » (« sufficiently anomalous to warrant continued investigation »). Le Department of War, lui, le maintient dans la catégorie « non résolu » : sans données physiques collectées au moment des faits, aucun mécanisme connu — drone, ballon, phénomène atmosphérique, satellite — n’a pu être formellement écarté, mais aucun n’a pu être formellement retenu non plus.
Un autre cas dans le même dossier, sur la côte est
Le 12 juin 2026 ne contient pas qu’un seul cas. Un entretien du FBI daté de février 2026, obtenu par Reuters, décrit une observation distincte dans le nord-est des États-Unis : deux personnes ont rapporté, depuis leur jardin, une lumière rouge intense, qualifiée de « brillante et belle » et d’une couleur « jamais vue auparavant ». La sphère, d’environ un mètre de diamètre, contenait en son centre ce que le rapport appelle un « soleil blanc plasma » de la taille d’un ballon de basket. Une seconde sphère était reliée visuellement à la première ; plusieurs semaines plus tard, plusieurs orbes blanches ont été aperçues à plus haute altitude au-dessus de la même maison.
Une vidéo filmée sur iPhone en octobre 2024 au-dessus d’un plan d’eau — montrant un objet décrit comme une « plasma-like sphere » changeant de forme et de luminosité pendant environ 45 minutes — a été authentifiée par le gouvernement américain, selon les documents relayés par Fox News. Là encore, le cas est versé aux archives comme « non résolu ».
Pourquoi ces cas restent officiellement non résolus
Le portail war.gov précise la logique de la publication : les cas « non résolus » sont ceux où le gouvernement « est dans l’incapacité de rendre une détermination définitive sur la nature des phénomènes observés », souvent faute de données suffisantes. La nuance est importante : un cas « non résolu » n’est ni une preuve d’origine non humaine, ni une reconnaissance d’un engin extraterrestre. C’est un dossier ouvert, transmis à l’analyse publique en espérant que « l’expertise du secteur privé » pourra compléter ce que les capteurs militaires n’ont pas saisi.
Pour l’incident de Cheyenne Mountain, l’absence de toute capture au moment des faits est précisément ce qui empêche toute conclusion. Sans image, sans signature radar, sans mesure spectrale, le récit de cinq témoins crédibles reste un récit — aussi cohérent soit-il. C’est ce point que beaucoup de couverture a omis de souligner : la force du dossier tient à la convergence des témoignages, sa faiblesse tient à l’absence de données physiques. Les deux choses coexistent, et c’est ce que signifie « unresolved ».
Ce que dit le calendrier 2026
Trois vagues de déclassifications en sept semaines, un portail à 1,7 milliard de visites, et une majorité de cas sans données physiques collectées : la mécanique PURSUE produit aujourd’hui plus de récits que de preuves matérielles. Le Pentagone ne le cache pas — c’est même, textuellement, la raison pour laquelle ces cas sont publiés : « le gouvernement est dans l’incapacité de rendre une détermination définitive », peut-on lire sur war.gov/UFO. Pour la première fois dans l’histoire des déclassifications UAP, l’État américain admet publiquement, dossier par dossier, où s’arrêtent ses certitudes.
Cette troisième vague arrive quelques jours après l’annonce, par l’administration américaine, d’un nouveau conseil scientifique UAP chapeauté par Avi Loeb — une démarche distincte, mais qui s’inscrit dans la même dynamique de structuration publique du dossier UAP. Le détail de ce conseil est retracé dans l’article du 19 juin 2026.
Sources
- U.S. Department of War — Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters (page officielle du programme PURSUE)
- U.S. News & World Report (Reuters) — New Pentagon UFO File Reveals Glowing Orbs in US Northeast (12 juin 2026)
- Fox News — Pentagon files reveal agents’ reports of ‘orbs launching orbs’ near sensitive US security site (12 juin 2026)
- New York Post — Feds left baffled by sighting of ‘orbs launching other orbs’ in western US, new UFO files reveal (12 juin 2026)
- Generation-NT — Que cachent les derniers fichiers secrets sur les OVNIs publiés par la Maison-Blanche ? (14 juin 2026)






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