Incendie à Crans-Montana: premiers échanges avec les propriétaires

par Olivier
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Incendie à Crans-Montana: premiers échanges avec les propriétaires
Suisse, France

Accès verrouillé, mousse isolante inadaptée, présence de mineurs : une semaine après le drame qui a coûté la vie à quarante personnes, la police suisse cherche à déterminer comment un tel incendie a pu se produire dans la station de Crans-Montana. Vendredi, Jacques et Jessica Moretti, le couple français copropriétaire du bar Le Constellation, ont été entendus par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête sur l’incendie Crans-Montana Constellation.

Une porte de service « pas indiquée comme sortie de secours »

Jacques Moretti a déclaré aux enquêteurs qu’il avait découvert, peu après le sinistre, qu’une porte de service était verrouillée de l’intérieur. À son arrivée sur place, il a indiqué avoir forcé cette porte et avoir retrouvé plusieurs personnes étendues derrière elle.

Placé en détention provisoire après son audition, il a affirmé que la porte en question était une « porte de service » et qu’elle « n’est pas indiquée comme sortie de secours ». Ces éléments figurent dans les premiers procès‑verbaux rendus publics au cours de l’instruction.

La nature d’une mousse antibruit en question

Selon les premiers éléments de l’enquête, le feu serait parti après que des bougies étincelantes sont entrées en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous‑sol du bar. Les enquêteurs s’interrogent également sur la présence et l’accès aux extincteurs ainsi que sur la conformité des voies de sortie du Constellation.

Jessica Moretti a expliqué que, systématiquement, lorsqu’ils servent une bouteille en salle, ils ajoutent un « scintillant » (bougie « fontaine »). « Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de soucis », a déclaré Jacques Moretti. Il a reconnu qu’il « n’est pas impossible » que ces bougies aient déclenché l’incendie, mais a estimé qu’il devait y avoir « quelque chose d’autre ». Il a assuré avoir réalisé des tests et jugé que ces bougies « n’étaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique ».

La nature exacte de la mousse posée au plafond du sous‑sol est au centre des investigations. Jacques Moretti a précisé l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui‑même lors de travaux réalisés après l’achat de l’établissement en 2015.

Les mineurs de moins de 16 ans interdits

Interrogé sur la présence de nombreux adolescents au moment de la tragédie, Jacques Moretti a affirmé que l’établissement avait « interdiction d’accepter des personnes de moins de 16 ans » et que les clients âgés de 16 à 18 ans devaient « être accompagnés d’un majeur ». Il a dit avoir transmis ces consignes au personnel de sécurité, tout en reconnaissant qu’« il n’est pas impossible qu’il y ait eu dysfonctionnement ».

Le couple est soupçonné d’« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ». Au terme de l’instruction ouverte, le ministère public du Valais décidera soit de classer l’affaire, soit de déposer un acte d’accusation en vue d’un éventuel procès. La présomption d’innocence demeure en attendant ces décisions.

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