Lait infantile contaminé: Foodwatch porte plainte en France

par Olivier
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Lait infantile contaminé: Foodwatch porte plainte en France
France, Australie, Russie, Qatar, Egypte
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L’essentiel

  • L’association Foodwatch et huit familles ont déposé une plainte en France contre des industriels et l’État pour mise en danger de nourrissons ayant consommé des laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide.
  • Ils reprochent aux fabricants d’avoir tardé à réagir entre les premières alertes en décembre et les rappels massifs en janvier. Deux enquêtes pénales ont été ouvertes après le décès de deux nourrissons, sans lien de causalité établi pour l’heure selon les autorités.
  • La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré que les procédures avaient été « très très bien respectées ».

Après les rappels, la justice. Foodwatch, association européenne de consommateurs, et huit familles ont déposé une plainte à Paris, accusant les industriels et le gouvernement de ne pas avoir agi suffisamment tôt dans l’affaire des laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide. Les familles établissent un lien entre les symptômes observés chez leurs nourrissons et la consommation des laits visés par les rappels.

Parmi les cas cités, Adam, nourri au lait Guigoz, a passé plusieurs semaines en réanimation à la suite de diarrhées et de vomissements. Amani, cinq mois, a souffert de vomissements et de maux de ventre pendant quatre jours avant d’arrêter le lait Babybio. Un autre bébé de quatre mois, alimenté au Picot 1er âge, a présenté des fièvres répétées et des troubles digestifs détectés par le personnel de crèche. L’association rappelle que ces laits, susceptibles de contenir la céréulide, sont souvent destinés à des nourrissons de moins de six mois, parfois des prématurés dont le système immunitaire est particulièrement vulnérable, et affirme vouloir « réclamer justice et transparence ».

L’affaire concerne des produits vendus dans le monde entier par des multinationales, exposant selon l’association des bébés à un risque pour leur santé.

Une soixantaine de pays concernés

La plainte, déposée contre X, vise plusieurs chefs d’accusation : mise en danger et atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, tromperie aggravée, et manquement aux obligations de sécurité. Me François Lafforgue, avocat des familles et de Foodwatch, a affirmé que les fabricants ne pouvaient ignorer leurs obligations en matière de sécurité sanitaire et a demandé « la plus grande fermeté » dans cette affaire.

Depuis décembre, plusieurs industriels — parmi eux des groupes majeurs comme Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia) et Lactalis (Picot), ainsi que des acteurs plus petits comme Vitagermine (Babybio Optima) — ont procédé à des rappels de laits infantiles dans plus d’une soixantaine de pays en raison du risque de contamination par la céréulide.

Le ministère de la Santé indique toutefois qu’« à ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons ».

Au centre des inquiétudes se trouve une huile riche en acide arachidonique (ARA), productrice potentielle de céréulide, fournie par le producteur chinois Cabio Biotech. Foodwatch reproche aux fabricants d’avoir tardé entre les premières alertes émises en décembre et les rappels, parfois timides puis succédant à des rappels plus massifs en janvier. L’association estime que l’information aux parents a été insuffisante, souvent tardive et confuse, et juge que les producteurs ne pouvaient ignorer le risque en laissant leurs laits en vente, que ce soit en France, dans une dizaine de pays européens, ou dans des pays comme l’Australie, la Russie, le Qatar ou l’Égypte pour certains lots.

Deux enquêtes pénales distinctes ont été ouvertes à Angers et à Bordeaux après le décès de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé pour « possible contamination » par une substance d’origine bactérienne, sans lien de causalité établi pour l’instant selon les autorités.

Mercredi, la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Annie Genevard, a défendu la gestion du dossier devant les parlementaires, estimant que les procédures avaient été « très très bien respectées ». Elle a expliqué que, dès que l’origine de la contamination a été identifiée, l’alerte a été adressée à l’ensemble des industriels, qui ont effectué des rappels en fonction des résultats des analyses.

L’autorité sanitaire européenne (EFSA) a été saisie par la Commission européenne pour établir une norme sur la présence de céréulide dans les produits destinés aux enfants et doit rendre son avis le 2 février.

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