Les Erreurs de Sabrina sur l’Occulte Dévoilées

par Olivier
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Les Erreurs de Sabrina sur l'Occulte Dévoilées
États-Unis, France

Sabrina et l’Occulte : ce que la série déforme

Chilling Adventures Of Sabrina, Kiernan Shipka

Cette section examine les principales idées reçues propagées par la série Chilling Adventures of Sabrina et met en perspective ce que disent les pratiques occultes et la sorcellerie contemporaines. Le propos vise à distinguer la fiction spectaculaire des réalités historiques et culturelles liées à la sorcellerie.

  • La plupart des sorcières ne vénèrent pas Satan (et ne croient souvent pas en son existence). La représentation d’un pacte avec un « seigneur des ténèbres » relève d’une logique chrétienne qui ne s’applique pas à la majorité des traditions païennes, wiccanes ou autochtones. Pour beaucoup de praticien·ne·s, la sorcellerie est centrée sur la nature, les cycles et la spiritualité personnelle, sans figure diabolique.

  • La contrainte et la servitude n’appartiennent pas à la pratique réelle. Contrairement à l’idée d’une hiérarchie autoritaire qui force les initié·e·s, de nombreuses traditions magiques valorisent l’autonomie, le respect mutuel et l’apprentissage partagé. Des codes éthiques contemporains insistent sur l’auto-gouvernance et refusent les structures dictatoriales.

  • Le pentacle est avant tout un symbole de protection. Le pentagramme (étoile à cinq branches) et le pentacle (étoile entourée d’un cercle) sont liés aux éléments, au corps humain et aux sens, et servent traditionnellement à marquer l’unité et la protection. Leur assimilation au « mal » relève d’un malentendu historique et culturel.

  • Baphomet n’est pas intrinsèquement « diabolique ». La figure du « bouc sabbatique » a traversé des usages et des interprétations très variés au fil des siècles. Ses origines et significations sont complexes et ne se réduisent pas à une symbolique du mal ; son appropriation par certains groupes modernes n’efface pas ce parcours historique.

  • Les rituels présentés sont souvent plus théâtraux qu’exacts. Là où la fiction multiplie incantations en latin, effets sanglants et mises en scène spectaculaires, la pratique réelle privilégie fréquemment des gestes simples : herbes, intentions, méditation et rites calmes. La dramatisation sert le récit télévisuel mais n’est pas représentative de la majorité des pratiques.

  • Certaines recettes et « potions » vues à l’écran peuvent être dangereuses à reproduire. Les ingrédients et dosages fictifs ne respectent pas toujours la pharmacopée réelle : tenter d’imiter à l’aveugle des mixtures vues à l’écran peut causer des blessures ou des intoxications. Mieux vaut s’abstenir de reproduire des actes montrés sans connaissances fiables.

  • Les poupées dites « vaudou » sont avant tout des instruments d’intention et de communication. Issues de traditions africaines et caribéennes, ces pratiques visent souvent le contact avec des esprits bienveillants ou la transmission de demandes, et non une mécanique purement vengeresse. Leur réduction à un simple outil de malveillance est une caricature médiatique.

  • On n’est pas obligé·e d’abandonner ses ami·e·s « non-sorcières ». Beaucoup de praticien·ne·s mènent une vie ordinaire et entretiennent des relations harmonieuses hors du cercle magique. La sorcellerie contemporaine s’intègre souvent au quotidien et n’exige pas l’isolement social.

  • On peut naître avec une prédisposition ou apprendre la pratique : les deux sont vrais. Certaines personnes évoquent une affinité précoce avec la nature ou des expériences particulières, tandis que d’autres découvrent la voie par étude et pratique. La sorcellerie se transmet aussi bien par vocation que par apprentissage.

  • La réécriture de figures mythiques (comme Lilith) relève souvent de la fiction. Les personnages issus de textes anciens ont été remaniés par les siècles et les cultures ; leur emploi dans une série télévisée tend à simplifier ou à instrumentaliser ces récits pour le drame, parfois au détriment du contexte historique.

  • La sorcellerie moderne s’inscrit souvent dans une logique féministe et autonome. La figure de la sorcière est aujourd’hui fréquemment revendiquée comme symbole d’émancipation et de pouvoir féminin, loin de la soumission à des autorités masculines. Beaucoup de praticien·ne·s associent leur démarche à des valeurs d’autonomie et de respect de la nature.

  • Les « familiers » sont davantage un mythe que la règle pratique. L’image de la sorcière accompagnée d’un animal protecteur renvoie à des peurs historiques et à des stéréotypes : aujourd’hui, un compagnon animal reste généralement un animal de compagnie, sans dimension surnaturelle obligatoire.

Ces points permettent de mieux distinguer l’imaginaire spectaculaire de la série des pratiques et des croyances réellement observées dans diverses traditions occultes et néopaïennes. La section suivante élargira l’analyse vers les implications culturelles et historiques de ces représentations.

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