Gisèle Pelicot : ses mémoires révèlent pourquoi elle a refusé le huis clos

par Olivier
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Gisèle Pelicot : ses mémoires révèlent pourquoi elle a refusé le huis clos
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Le 17 février marque l’arrivée en librairie d’un ouvrage particulièrement attendu. Les éditions Flammarion publient Et la joie de vivre, le récit autobiographique de Gisèle Pelicot, déjà annoncé dans 22 langues à travers le monde.

Rédigé en collaboration avec la journaliste et romancière Judith Perrignon, ce livre revient sur le procès retentissant d’Avignon. Des premiers extraits, récemment dévoilés, permettent de comprendre les motivations intimes de l’autrice face à l’ampleur des faits et au nombre vertigineux d’accusés.

Le courage de refuser le huis clos

Au centre de son témoignage se trouve la décision cruciale de demander une audience publique pour le dossier des viols de Mazan. Gisèle Pelicot confie avec lucidité que son âge a été un facteur déterminant dans ce choix. Elle admet que si elle avait eu vingt ans de moins, la crainte des regards et du jugement social l’aurait sans doute poussée à accepter le huis clos.

Elle analyse ce rapport à l’âge en expliquant qu’à soixante-dix ans, la honte semble s’estomper plus facilement, le regard des autres pesant moins lourd. Elle affirme n’avoir eu peur ni de ses rides, ni de l’exposition de son corps, ce qui lui a permis de briser le silence.

La confrontation avec la réalité

Dans ses mémoires, elle décrit également son appréhension à l’approche du procès. Si elle était impatiente de confronter son ex-mari, Dominique Pelicot, elle redoutait la masse des autres accusés. Elle craignait de devenir l’otage de leurs mensonges et de leur mépris, se demandant si fermer la porte du tribunal n’aurait pas, finalement, servi à les protéger eux.

L’ouvrage aborde enfin le traumatisme de la découverte des preuves au commissariat. Face aux clichés des viols sous soumission chimique, elle évoque une dissociation complète, ne reconnaissant pas cette femme à la « joue flasque » et à la « bouche molle », comparée à une simple poupée de chiffon.

Malgré l’impact sociétal de sa démarche, Gisèle Pelicot refuse l’étiquette d’héroïne. Lors de l’audience d’appel à Nîmes en octobre 2025, elle a tenu à rappeler qu’elle n’est pas une icône, mais une « femme ordinaire » qui a simplement eu le courage de lever le huis clos.

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