L’Italie veut pouvoir interdire les débarquements de migrants par la mer

par Olivier
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L'Italie veut pouvoir interdire les débarquements de migrants par la mer
Politique

Le gouvernement italien, dirigé par Giorgia Meloni, franchit une nouvelle étape dans sa politique de fermeté migratoire. Un projet de loi, adopté mercredi, vise à autoriser l’interdiction temporaire des débarquements de migrants arrivant par la voie maritime. Cette mesure d’exception pourrait être déclenchée face à des menaces jugées graves pour l’ordre public ou la sécurité nationale.

Concrètement, si le texte est validé, le ministère de l’Intérieur aurait le pouvoir de décréter un blocage des arrivées pour une durée allant de trente jours à six mois. Les critères invoqués pour justifier une telle décision incluent une pression migratoire exceptionnelle menaçant la gestion des frontières, un risque avéré d’infiltration terroriste, une urgence sanitaire mondiale ou encore l’organisation d’événements internationaux majeurs en Italie.

Vers une externalisation du traitement des demandes

Ce projet de loi s’inscrit dans la continuité des initiatives portées par la Première ministre d’extrême droite. S’il est entériné par le Parlement, il pourrait relancer la stratégie d’externalisation de l’asile. Rome s’appuie notamment sur le modèle de l’accord signé fin 2023 avec l’Albanie, qui prévoyait la création de centres gérés par l’Italie hors de son territoire pour traiter les dossiers des personnes interceptées en mer.

La nouvelle législation stipule ainsi que les migrants présents sur des embarcations dans les eaux italiennes pourraient être conduits vers des pays tiers avec lesquels Rome aurait conclu des accords de détention ou de rapatriement. Par ailleurs, le texte propose d’élargir la liste des condamnations pénales pouvant entraîner l’expulsion immédiate d’un ressortissant étranger.

Les opérations humanitaires compliquées

Cette offensive législative survient alors que le gouvernement a déjà multiplié les accords avec des pays d’Afrique du Nord pour freiner les départs et imposé des restrictions aux navires humanitaires opérant en Méditerranée centrale. Ce nouveau cadre juridique risque d’entraver encore davantage l’action des ONG, bien que les statistiques montrent que la majorité des secours sont assurés par les garde-côtes ou la marine italienne.

Sur le plan chiffré, une baisse des flux est observée en ce début d’année. Les données officielles font état de près de 2 000 arrivées par la mer depuis janvier, contre 4 400 enregistrées sur la même période l’année précédente.

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