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Chaque année, la Saint-Valentin s’accompagne inévitablement de bouquets de roses rouges, symboles ultimes de la passion amoureuse. Pourtant, en plein mois de février, la nature française sommeille encore. Ce décalage saisonnier implique une réalité logistique et écologique souvent méconnue des consommateurs.
Bien que l’achat de fleurs ne corresponde pas au cycle naturel hivernal dans l’Hexagone, la rose reste la reine incontestée du 14 février. Elle représente en effet 57 % des achats floraux à cette période, selon les données du secteur. Pour satisfaire cette demande massive, les fleuristes n’ont d’autre choix que de se tourner vers l’importation, engendrant un bilan carbone non négligeable.
Les Pays-Bas, plaque tournante du commerce floral
Pour combler les attentes des 1,3 million de foyers français qui achètent des fleurs pour la fête des amoureux, des millions de tiges traversent les frontières. Un rapport de FranceAgriMer indiquait qu’en une année, plus de 466 millions de roses étaient importées en France.
La très grande majorité de ces flux, environ 84 %, provient des Pays-Bas. Le reste arrive directement du Kenya (11 %), ou dans une moindre mesure de l’Équateur et de l’Éthiopie. Il est important de noter que les Pays-Bas agissent souvent comme un hub logistique : une partie significative des fleurs qui y transitent a d’abord été cultivée en Afrique ou en Amérique du Sud avant d’être réexpédiée vers les pays européens.
Un bilan carbone alourdi par le transport et le chauffage
L’impact environnemental de ce commerce varie selon le mode de production et d’acheminement. Les fleurs cultivées aux Pays-Bas bénéficient d’une proximité géographique permettant un transport par camion. Cependant, pour faire pousser des roses en hiver sous ces latitudes, il est nécessaire d’éclairer et de chauffer les serres de manière intensive, ce qui pèse lourdement sur la consommation énergétique.
À l’inverse, les roses produites en Colombie, en Équateur ou au Kenya profitent de conditions climatiques optimales favorisant une croissance naturelle sans chauffage artificiel. Le revers de la médaille réside dans leur transport : ces fleurs fragiles doivent être expédiées rapidement par voie aérienne, un mode d’acheminement très émetteur de gaz à effet de serre.
Le dilemme des fleuristes et l’attente du printemps
Face à cette réalité, les artisans fleuristes français se retrouvent face à un choix commercial délicat. Si certains décident de privilégier des provenances européennes ou de boycotter la rose importée, ils risquent de se couper d’une clientèle attachée à la tradition. D’autres continuent de proposer des variétés importées, notamment du Kenya, réputées pour leur esthétique.
La production locale de roses en France est, quant à elle, soumise au rythme des saisons. Les premières floraisons, principalement sous serres dans le Sud, en Dordogne ou en Bretagne, ne débutent généralement qu’au mois d’avril pour s’étendre jusqu’à la mi-octobre. Offrir une rose française en février est donc quasiment impossible.
Redécouvrir les fleurs de saison
Une prise de conscience s’opère progressivement chez les consommateurs, qui tendent à délaisser les injonctions traditionnelles au profit de choix plus écoresponsables. Des alternatives locales et de saison existent pour célébrer l’amour sans alourdir son empreinte écologique.
À cette période de l’année, les producteurs français, notamment dans la région PACA, proposent de magnifiques variétés adaptées à l’hiver. Le lys, les renoncules ou encore les tulipes constituent des options colorées et élégantes, permettant de composer des bouquets plus respectueux de l’environnement.
