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Le procès opposant Judith Godrèche à Jacques Doillon pour diffamation se tiendra les 29 et 30 mars 2027. Cette date a été officiellement fixée lors d’une audience de procédure organisée au palais de justice de Paris, en présence de la comédienne et en l’absence du réalisateur. Cette affaire s’inscrit dans le prolongement direct des accusations de violences sexuelles portées par l’actrice à l’encontre du cinéaste.
Un soutien féministe contre les procédures bâillons
Avant l’ouverture de l’audience, plusieurs dizaines de militantes se sont rassemblées pour afficher leur soutien indéfectible à la comédienne, qui a préféré garder le silence face à la presse. Munies de pancartes clamant leur solidarité, elles ont vivement fustigé l’utilisation de poursuites judiciaires à des fins d’intimidation.
Des figures de la lutte contre les violences sexuelles, telles qu’Emmanuelle Piet du Collectif féministe contre le viol (CFCV) et Florence Montreynaud de l’association Les Chiennes de garde, étaient présentes. Soutenues par les mouvements #NousToutes et #MeTooMédia, elles ont dénoncé une manœuvre classique des agresseurs : épuiser les victimes financièrement et psychologiquement pour les réduire au silence.
Les origines de la plainte pour diffamation
Le litige trouve son origine dans un message publié par Judith Godrèche sur les réseaux sociaux en février 2024. Elle y accusait ouvertement le réalisateur d’avoir pour habitude de tourner avec des enfants avec lesquels il entretenait des relations sexuelles. Jacques Doillon, qui conteste fermement ces allégations, a riposté par cette plainte.
Sur son compte, la réalisatrice de 53 ans a récemment exprimé son indignation face à cette démarche judiciaire, interpellant directement le cinéaste pour dénoncer une volonté continue de la museler. Elle a réaffirmé sa détermination à ne pas se laisser intimider par ce qu’elle qualifie de procédure destinée à la bâillonner.
Figure incontournable du mouvement #MeToo
Depuis le début de l’année 2024, Judith Godrèche s’est imposée comme le visage emblématique de la libération de la parole dans le cinéma français. En plus de ses accusations contre Jacques Doillon pour des abus survenus à ses 15 ans, elle avait également déposé plainte contre le réalisateur Benoît Jacquot pour des viols présumés durant son adolescence.
Bien que les faits précis relatés par la comédienne soient couverts par la prescription, d’autres signalements ont poussé la justice à ouvrir de nouvelles investigations. Dans ce cadre élargi, Jacques Doillon a récemment été placé sous le statut de témoin assisté.
