Procès Paty : nouvelle audition exigée pour Laurent Nuñez

par Olivier
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Procès Paty : nouvelle audition exigée pour Laurent Nuñez
Faits Divers

Le témoignage écrit de Laurent Nuñez, produit dans le cadre du procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty, a provoqué un rebondissement inattendu. La cour d’assises spéciale de Paris a en effet ordonné une nouvelle audition du ministre de l’Intérieur. Selon un arrêt rendu récemment, la présidente de la cour exige qu’il réponde de nouveau aux mêmes questions par écrit, avec une échéance fixée à mercredi, 10h30.

Cette décision fait suite à une initiative inhabituelle du ministre. Ce dernier a adressé un courrier électronique personnel à la magistrate un dimanche soir à 22h57, en dehors des voies habituelles. Une démarche qualifiée de non conforme aux formalités prévues par le Code de procédure pénale, soulevant ainsi de vives interrogations lors de l’audience.

Une première réponse controversée

Initialement, Laurent Nuñez avait été sollicité en sa qualité d’ancien coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme à l’Élysée. Interrogé sur un point précis, il devait déterminer si le fait de désigner publiquement une personne accusée d’avoir offensé l’islam l’exposait objectivement à un danger grave pour sa sécurité. À la surprise générale, sa réponse à cette question fut négative.

Ce positionnement n’a pas manqué de faire réagir au sein du tribunal. La défense d’Abdelhakim Sefrioui, militant islamiste rejugé pour son rôle présumé dans la campagne de haine ayant précédé la mort du professeur le 16 octobre 2020, avait d’ailleurs salué cette déclaration.

Une tentative de rectification pointée du doigt

Face à la polémique naissante, l’entourage du ministre de l’Intérieur est rapidement monté au créneau pour clarifier ses propos. Ses proches assurent qu’il ne remet aucunement en cause le lien de causalité. Pour eux, il est indéniable que la désignation de Samuel Paty a orienté le choix du terroriste de manière irréfutable.

L’avocate générale a toutefois perçu cette manœuvre comme une tentative de rattrapage. Elle a qualifié la déclaration initiale de réponse purement politique, estimant que Laurent Nuñez cherchait a posteriori un correctif pour ajuster l’interprétation de ses mots devant la justice.

De leur côté, les avocats de la défense se sont montrés très critiques. Maître Vincent Brengarth s’est déclaré abasourdi par l’envoi direct de ce message à la présidente de la cour, y voyant une atteinte directe à la séparation des pouvoirs. Maître Francis Vuillemin a, pour sa part, souligné l’embarras suscité par cette situation, tout en saluant la transparence de la magistrate qui a immédiatement transmis le courrier à l’ensemble des parties prenantes.

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