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Le vote du nouveau Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du bassin de la Vilaine semble compromis. Soumis à une forte pression de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire fermement opposé au projet, l’État a décidé d’intervenir pour réclamer un délai supplémentaire.
Les préfets de Bretagne et des Pays de la Loire ont adressé une lettre conjointe au président de la Commission locale de l’eau. Dans ce courrier, ils estiment que les discussions n’ont pas atteint la maturité nécessaire pour adopter ce document stratégique, qui s’avère être le plus grand de France. Cette décision s’aligne sur les revendications syndicales et remet en question des années de négociations.
L’incompréhension des élus et des acteurs locaux
Ce revirement provoque l’indignation de ceux qui portent ce projet depuis plusieurs années. Nathalie Appéré, présidente de Rennes Métropole, dénonce l’anéantissement de quatre années de travail et de compromis. De son côté, Jérémy Grandière, membre de la Commission, s’insurge contre l’arrêt brutal du processus à l’approche de son aboutissement final.
La situation écologique est pourtant alarmante. En Ille-et-Vilaine, à peine 3 % des masses d’eau affichent un bon état écologique. Le président de la Fédération de pêche locale déplore la disparition de la vie dans les rivières et l’incohérence de poursuivre l’épandage de pesticides dans des zones de captage d’eau potable. Le syndicat Eaux et Vilaine confirme cette dégradation continue, appelant à des mesures d’urgence pour restaurer la qualité des ressources.
L’inquiétude du monde agricole face aux interdictions
Face à ces arguments, les agriculteurs expriment de vives craintes. La branche morbihannaise du syndicat agricole estime que le nouveau schéma menace directement la sécurité alimentaire des troupeaux et la viabilité économique de nombreuses exploitations. Les représentants réclament par ailleurs davantage de transparence concernant les analyses de la qualité de l’eau.
Les restrictions préconisées ciblent particulièrement la culture du maïs, essentielle pour nourrir le bétail. Très exigeantes en eau, ces parcelles nécessitent un désherbage souvent réalisé à l’aide de produits phytosanitaires, reconnus comme toxiques pour les milieux aquatiques. Le désherbage mécanique, bien que possible pour s’y substituer, exige beaucoup plus de temps de travail.
Un moratoire qui divise profondément
À la suite du moratoire récemment annoncé au niveau national, les préfets insistent sur la nécessité de reprendre les discussions pour trouver un consensus. Cette pause suscite la colère de nombreux élus de la région, qui y voient une reculade pure et simple.
Pour les responsables locaux engagés sur le dossier, empêcher l’interdiction des herbicides sur les parcelles les plus sensibles constitue un renoncement majeur. Ils alertent sur les conséquences néfastes de ce report, tant pour la santé publique que pour la préservation de la biodiversité.
