L’utilisation controversée de la ‘Ninja Bomb’ par les États-Unis en Syrie

par Olivier
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L'utilisation controversée de la 'Ninja Bomb' par les États-Unis en Syrie
États-Unis, Syrie

Dans la suite de cette réflexion sur la société, il faut aussi se pencher sur la manière dont la puissance militaire américaine façonne l’usage d’armes toujours plus spécialisées. Les États-Unis demeurent la première puissance militaire mondiale et y consacrent des sommes colossales afin de conserver cet avantage. Selon la Peter G. Peterson Foundation, les dépenses américaines en matière militaire dépassent celles de la Chine, de l’Arabie saoudite, de l’Inde, de la France, de la Russie, du Royaume-Uni et de l’Allemagne réunies.

En 2018, le budget de la défense atteignait environ 649 milliards de dollars, soit près de 15 % du budget fédéral. Dans ce contexte, certaines armes laissent une impression particulièrement dérangeante, à commencer par une missile rare surnommé la Ninja Bomb, un engin qui semble tout droit sorti d’un imaginaire de science militaire plus que d’un arsenal conventionnel.

MissileJohn Moore/Getty Images

Le 3 décembre 2019, une frappe aérienne inhabituelle dans le nord-ouest de la Syrie a tué « un, voire deux, terroristes présumés », selon les informations rapportées, en mobilisant ce qui serait la Ninja Bomb. Son nom officiel est AGM-114R9X, une variante américaine du missile Hellfire conçue pour frapper avec une précision extrême tout en réduisant les victimes civiles.

Comme l’a décrit Business Insider, l’impact sur le minivan transportant les passagers n’a pas provoqué d’explosion classique. Le projectile a plutôt neutralisé ses occupants en broyant et en sectionnant tout ce qui se trouvait sur sa trajectoire, grâce à sa force et à ses six lames déployables.

MissileJohn Moore/Getty Images

La question de savoir si les États-Unis ont leur place dans l’envoi de machines de destruction à l’étranger relève d’un débat plus large sur la guerre, la sécurité et la responsabilité internationale. Mais dans le cas de la Ninja Bomb, son objectif affiché de limitation des dommages collatéraux tranche avec des méthodes plus aveugles, comme le bombardement massif d’un quartier entier. Même si un samouraï n’aurait sans doute pas approuvé cette arme, elle apparaît, dans la logique militaire qui la justifie, comme une forme de violence plus ciblée.

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