De nos jours, l’idée de passer des semaines entières sans se laver semble presque inimaginable. Pourtant, comme le rappelle l’histoire de l’hygiène en Occident, les habitudes liées au bain ont beaucoup varié au fil des siècles : après la chute de l’Empire romain, se laver devient moins courant, puis certaines conceptions religieuses et médicales ont longtemps entretenu l’idée que le bain pouvait être inutile, voire nocif, jusqu’à ce que la théorie des germes bouleverse ces croyances. Dans ce contexte, l’expression homme le plus sale du monde prend une tournure aussi insolite que fascinante.
C’est dans ce décor qu’apparaît Amou Haji, un villageois iranien dont les habitudes défient radicalement les normes modernes d’hygiène. Selon plusieurs sources, il ne se contente pas d’éviter les bains : il fume aussi des excréments d’animaux et consomme de la viande pourrie de porcs-épics morts. On pourrait croire à une provocation, mais son cas relève surtout d’un mode de vie extrême, devenu célèbre bien au-delà de son village. Cette histoire singulière, souvent associée au thème Insolite, intrigue autant qu’elle déroute.

En 2014, Amou Haji aurait confié au Tehran Times ne pas s’être lavé depuis environ 60 ans, ce qui dépasserait largement le précédent record attribué à Kailash Singh, en Inde, resté sans bain pendant 38 ans. Son rapport à la propreté ne se limite pas à un simple rejet du savon : il refuserait aussi qu’on lui impose une nourriture ou une eau jugées propres, ce qui renforce le caractère radical de son isolement. Dans le débat sur l’hygiène, son cas est donc à part, presque hors du temps.
Pour expliquer ce comportement, Haji évoque des « revers émotionnels » dans sa jeunesse, sans que les détails de cette période soient véritablement connus. D’autres récits suggèrent qu’il pense que le lavage favorise la maladie, ce qui aurait contribué à une existence largement solitaire, en marge de la vie ordinaire. Après avoir quitté sa famille, il se serait installé aux abords de la ville, dormant dans un trou creusé dans le sol ou parfois dans une cabane construite par les habitants. Malgré cette vie hors norme, rien n’indique qu’il ait fait du tort à qui que ce soit, ce qui laisse au moins son comportement dans une zone d’étrangeté plus que de menace.
Cette histoire d’Amou Haji, souvent citée parmi les récits les plus surprenants sur l’hygiène et les comportements humains, rappelle à quel point les rapports au corps, au bain et à la saleté peuvent varier selon les cultures, les époques et les convictions personnelles. Elle s’inscrit ainsi parfaitement dans l’univers de l’homme le plus sale du monde, entre faits insolites, histoire de l’hygiène et fascination pour l’extraordinaire.
