Sommaire
Le fabricant de cocottes en fonte émaillée Le Creuset a été récemment rappelé à l’ordre par les autorités pour des rejets excessifs de cadmium. Ce métal lourd, classé comme cancérigène, a été détecté à des niveaux supérieurs aux normes en vigueur dans les eaux usées de son usine historique située à Fresnoy-le-Grand, dans l’Aisne.
Des dépassements répétés en 2025
Selon un arrêté préfectoral pris en février, la station d’épuration industrielle de la fonderie a enregistré sept dépassements des seuils autorisés entre février et octobre 2025. L’un de ces épisodes, survenu en septembre 2025, présentait une concentration de cadmium deux fois supérieure à la limite légale.
C’est la première fois qu’une telle procédure d’urgence vise ce site de production. Suite à une inspection menée fin 2025, la direction de l’entreprise a collaboré avec les services de l’État pour corriger la situation. Le Creuset a notamment stoppé le déversement de poussières fines dans ses eaux usées et instauré un système de traçabilité renforcé depuis le début de l’année 2026.
Précisions sur l’usage du cadmium
L’entreprise précise que le cadmium est utilisé exclusivement dans les pigments de l’émail extérieur pour certaines couleurs spécifiques, afin de préserver leur éclat lors des cuissons à haute température. Le groupe assure que ce métal est encapsulé dans la structure vitreuse de l’émail et n’entre jamais en contact avec les aliments, la composition de l’émail intérieur étant différente.
Par ailleurs, le fabricant souligne que les boues issues du traitement de ses eaux industrielles ne sont jamais utilisées pour l’épandage sur des terres agricoles. Elles sont systématiquement prises en charge par des prestataires spécialisés et agréés pour leur traitement.
Un enjeu de santé publique
Cette mise en demeure intervient dans un contexte de surveillance accrue des métaux lourds en France. Un rapport de l’Anses publié en mars 2026 indique que près de la moitié de la population française présente une exposition au cadmium supérieure aux valeurs sanitaires de référence. Si l’alimentation reste la source principale d’exposition via les sols et les fertilisants, la maîtrise des rejets industriels demeure un enjeu environnemental majeur.
