Choses glaçantes captées par des drones
Les drones ne sont, en somme, qu’une caméra fixée à un mini-hélicoptère. Pourtant, ils incarnent à merveille cette technologie futuriste qu’on nous promettait enfant, avec une touche bien réelle de praticité. En quelques années à peine, ces engins sont devenus omniprésents, comme de petites abeilles mécaniques bourdonnant partout au-dessus de nos têtes. Pour la photographie aérienne, ils sont bien moins coûteux, plus simples à piloter et beaucoup plus accessibles qu’un hélicoptère classique.
Mais parfois, ce qu’ils révèlent donne des frissons. D’un phénomène naturel observé sous un angle inédit à des scènes franchement dérangeantes, les drones ont enregistré des images parmi les plus inquiétantes qu’on puisse imaginer. Voici donc plusieurs situations vraiment troublantes captées par des drones, avec un petit coup de pouce des humains.
Une visite d’un bâtiment abandonné et inquiétant
Les bâtiments abandonnés ont quelque chose de fascinant. Il suffit de parcourir les groupes de urbex sur Internet pour découvrir des structures délabrées, condamnées, encore debout mais déjà presque englouties par le temps. Le problème, c’est que l’exploration urbaine comporte toujours une part de danger : matériaux brisés, risques d’effondrement, et parfois même problèmes avec la loi. Sans parler, bien sûr, des fantômes qui semblent toujours vouloir s’y installer.
Heureusement, les drones permettent aujourd’hui d’explorer ces lieux sans s’y exposer directement. Dans une vidéo primée, le cinéaste Lukasz Lewenda a utilisé une caméra GoPro fixée à un drone pour se faufiler dans les recoins d’un endroit déserté et sinistre. On ne sait pas vraiment ce qu’était ce bâtiment avant de tomber en ruine : peut-être une usine, même si certaines parties évoquent plutôt des salles de classe. La nature y a repris ses droits par endroits, avec de la végétation poussant entre le béton fissuré et les murs tagués. Le résultat est franchement angoissant, même en plein jour.
L’attaque à la voiture de Charlottesville

Le 12 août 2017, un rassemblement « Unite the Right » à Charlottesville, en Virginie, a été confronté à une grande foule de manifestants pacifiques opposés aux idées suprémacistes blanches et néonazies d’une partie des participants. Ce rassemblement faisait suite au projet de retrait d’une statue de Robert E. Lee située dans Lee Park, depuis rebaptisé Market Street Park. À cette époque, de nombreux monuments et symboles confédérés étaient retirés de l’espace public aux États-Unis, ce qui avait poussé plusieurs groupes d’extrême droite à se rassembler sous une même bannière.
Dans l’après-midi, un néonazi et suprémaciste blanc nommé James Alex Fields Jr. a foncé avec sa voiture dans un groupe de manifestants, blessant environ 30 personnes et tuant Heather Heyer. L’événement, vu par plusieurs centaines de personnes, a aussi été filmé sous plusieurs angles, notamment par une caméra de drone qui planait alors au-dessus de la scène.
La vidéo ne montre qu’une vue partiellement masquée de l’attaque, mais elle reste brutale et choquante. Fields a percuté une berline blanche, qui a elle-même été projetée contre un minivan rouge, seul véhicule clairement visible dans l’image. Voir les gens se disperser pour échapper à l’horreur glace toujours le sang. En 2019, Fields a été reconnu coupable de meurtre au premier degré, entre autres crimes, et condamné à la prison à vie.
Les traces laissées par un tsunami
Le 28 septembre 2018, un séisme de magnitude 7,5 a frappé près de l’île indonésienne de Sulawesi. Si le tremblement de terre a causé peu de dégâts en lui-même, il a déclenché ce qui fut d’abord pris pour un petit tsunami. Peu après, des experts ont découvert qu’à Palu, capitale de la province de Sulawesi-Central, les vagues avaient atteint environ 6 mètres, soit plus du double des premières estimations, selon Scientific American.
La géographie de la région a aggravé la catastrophe : la baie, très longue et étroite, a canalisé la vague, qui a balayé les terres en entraînant sur son passage des tonnes de débris jusque dans l’océan. Le sol, gorgé d’eau, a aussi provoqué d’importants glissements de terrain, amplifiant encore les destructions. Au total, ce tsunami, l’un des plus meurtriers à avoir frappé l’Indonésie depuis plus d’une décennie, a causé la mort de plus de 4 300 personnes.
Quelques jours après le désastre, des images de drone de la ville ont commencé à circuler. Vue du ciel, l’ampleur du drame devient immédiatement tangible : ponts effondrés, maisons réduites à des débris, quartiers encore sous l’eau. On y voit aussi les habitants de Palu, déjà tournés vers la reconstruction de leur ville.
Une tornade en direct
Les chasseurs d’orages fournissent non seulement des vidéos spectaculaires, mais ils aident aussi à mieux comprendre les tornades : leur déplacement, les conditions qui les déclenchent, et bien d’autres mécanismes. Les vidéos de tornades filmées par drones deviendront sans doute de plus en plus courantes. Attention toutefois : il ne faut jamais utiliser un drone ordinaire pour cela, et si une tornade approche, il faut s’éloigner immédiatement. La vidéo concernée ici a été réalisée par quelqu’un qui savait ce qu’il faisait, avec un drone capable de résister à ces conditions.
On a tous déjà vu des tornades filmées depuis le sol. Elles sont déjà terrifiantes, mais vues du ciel, elles deviennent à la fois effrayantes et fascinantes. Heureusement, cette tornade filmée près de Sulphur, dans l’Oklahoma, en avril 2019, n’a pas été particulièrement destructrice. La vidéo montre surtout des arbres et de petites clôtures arrachés et projetés à mesure que le tourbillon avance. Dès le début, on aperçoit des semi-remorques et une antenne-relais, ce qui donne une idée claire de l’échelle du phénomène.
Un volcan actif
Quand on voit une vidéo de volcan, il s’agit souvent de l’un de deux scénarios. Soit une coulée de lave descend lentement une pente en détruisant tout sur son passage, soit le volcan est en pleine éruption, mais filmé de très loin, parce qu’approcher un volcan reste une très mauvaise idée.
La raison pour laquelle on voit rarement la lave bouillonner à l’intérieur du cône volcanique tient à deux choses : la chaleur est bien trop intense pour la plupart des caméras, et elle est évidemment mortelle pour les humains, sans même parler des gaz toxiques. La température ambiante à l’intérieur d’un volcan peut être suffisamment élevée pour enflammer quelqu’un instantanément, même sans contact direct avec la lave. Star Wars : Episode III aurait presque dû se terminer avec Anakin et Obi-Wan prenant feu dès qu’ils s’approchaient de ces rivières incandescentes.
La technologie change la donne. Des drones capables de supporter des températures extrêmes peuvent désormais s’introduire dans des volcans et filmer des images comme celle-ci, ce qui est très utile aux volcanologues. Comme le pilote humain reste à bonne distance, on évite également le risque de mort enflammée qui allait autrefois de soi. Tous les drones ne survivent pas à l’expérience, mais au moins leurs pilotes s’en sortent indemnes.
Un gigantesque incendie de forêt
Chaque année, on voit désormais des dizaines d’incendies de forêt menacer les populations et les biens, et ils gagnent souvent en ampleur. Les images de feux de forêt ne manquent pas, mais elles sont fréquemment tournées depuis le sol ou en hélicoptère, deux options qui ne permettent pas de s’approcher trop près. C’est là que les drones entrent en jeu. Ils subissent eux aussi les turbulences et les problèmes de visibilité, mais peuvent s’approcher davantage tout en restant bien plus sûrs qu’un hélicoptère transportant des personnes.
Dans ce clip, les premières secondes ressemblent à une simple vidéo de nature, jusqu’à ce que le drone dépasse la ligne des arbres et qu’une fumée épaisse apparaisse à l’horizon. En se rapprochant, on mesure alors l’étendue du brasier : une vaste zone forestière en flammes, avec un ciel noyé de fumée. Même si cet incendie n’est pas aussi vaste que certains feux observés sur la côte Ouest ces dernières années, il donne déjà une idée très concrète de la puissance de ces catastrophes.
Les opérateurs de drone ont bien filmé l’incendie volontairement, mais ce n’est probablement pas une très bonne idée. Il ne faut pas s’approcher d’un feu important, quel qu’il soit. N’endommagez pas votre drone, ne mettez pas votre sécurité en danger et ne gênez pas les secours.
Quelqu’un qui grimpe une tour de diffusion de 1 500 pieds
Vous voyez sans doute des antennes relais tous les jours. Mais vous êtes-vous déjà demandé comment on installe ou entretient ce qu’il y a tout en haut ? En réalité, c’est souvent quelqu’un qui grimpe tout simplement la structure. Une antenne relais mesure généralement environ 60 mètres de haut, ce qui est déjà impressionnant. Mais qu’en est-il d’une tour de diffusion de près de 460 mètres ? On pourrait croire qu’il existe une méthode spéciale pour l’entretien. Pas du tout : quelqu’un de très calme sous pression grimpe toute la structure pour intervenir sur le matériel. Et oui, c’est aussi une sorte d’ascension libre, même si l’équipement de sécurité est bien présent.
Cette vidéo montre l’une de ces ascensions grâce à la technologie des drones, et même si vous n’avez pas le vertige, il y a de fortes chances que cela vous retourne l’estomac. Pour donner une idée, l’ascension libre dépasse largement quatre cents mètres à la verticale. Si l’on ne compte pas la pointe de la Willis Tower, à Chicago, la tour mesure 442 mètres ; celle-ci est donc encore 15 mètres plus haute. Autant dire que l’altitude suffit à glacer une bonne partie des spectateurs.
Un prisonnier évadé

En 2002, Song Jiang, un Chinois condamné pour traite d’êtres humains, s’est évadé de prison avant de disparaître complètement. Personne ne l’avait revu depuis 17 ans lorsqu’un indice a signalé qu’il vivait quelque part dans les montagnes de la province du Yunnan, non loin de son village natal. Le terrain étant trop accidenté pour une recherche à pied, la police a utilisé un drone en septembre 2019 pour survoler la zone, et c’est ainsi qu’elle a localisé ce criminel terrifiant et déroutant.
Les agents se sont ensuite approchés à pied, et l’affaire est devenue encore plus étrange. Selon CNN, Jiang vivait sans contact humain depuis si longtemps que, lorsque les autorités ont tenté de lui parler, il n’a pas été capable de communiquer avec elles. La police a confirmé son identité et l’a arrêté de nouveau. D’après NBC News, sa grotte contenait plusieurs poêles noircis, des couches de couchage accumulées et des indices montrant qu’il se coupait lui-même les cheveux. Il semblait aussi qu’il ne s’était pas lavé ni n’avait lavé ses vêtements depuis « très longtemps ».
Jiang a depuis été renvoyé en prison. Il reste pourtant difficile d’oublier qu’un homme condamné pour un crime aussi grave a pu se cacher pendant 17 ans dans les montagnes, à la lisière de la civilisation, et finir en ermite mutique et inquiétant. Merci, les drones.
Une véritable rivière de sang

On les associe d’ordinaire à l’Apocalypse ou aux films d’horreur, mais les rivières de sang ne sont pas censées exister dans la réalité. C’est pourtant ce que David Mimlitch a peut-être cru voir lorsqu’il a fait voler un drone artisanal au-dessus de la Trinity River, à Dallas, en 2011. Lors de sa pause déjeuner, il a volé au-dessus du fleuve et pris quelques photos, selon D Magazine.
Il n’y a pas de vidéo dans ce cas, et c’est probablement mieux ainsi, car une vraie rivière de sang est aussi atroce qu’on peut l’imaginer. De retour au travail, Mimlitch a examiné ses clichés et a remarqué une zone rouge sombre dans l’eau. Il a d’abord pensé à du sang, puis a écarté cette idée comme une folie. Il a pourtant signalé l’affaire au National Response Center, qui a ouvert une enquête et confirmé que la rivière était bien contaminée par du sang. Plus précisément, du sang de porc, rejeté illégalement par la Columbia Packing Company, une entreprise de conditionnement de viande située en amont, qui déversait d’énormes quantités de sang directement dans le fleuve.
Au final, l’entreprise a été condamnée à une amende de 100 000 dollars. La sanction aurait sans doute pu être plus lourde, mais l’accusation a été fragilisée par un enquêteur du service de santé et des services humains du comté de Dallas, qui avait pénétré sur la propriété de Columbia pour prendre davantage de photos.
Un clown de champ de maïs apparemment bien réel
« Ce champ de maïs aurait vraiment besoin d’un clown flippant qui reste planté là pour… aucune raison en fait », n’a jamais dit personne. Et pourtant, nous y voilà. Dans cette vidéo, un jeune pilote survolait un vaste champ de maïs lorsqu’il a repéré une forme orange vif. En s’approchant, il distingue ce qui ressemble d’abord à un épouvantail inquiétant, lequel se tourne alors vers le drone. Les épouvantails ne bougent pas, normalement, n’est-ce pas ?
Mais il ne s’agit pas d’un simple objet destiné à effrayer les oiseaux : c’est un être humain censé effrayer tout ce qui bouge. Quelqu’un portant un masque de clown et un tee-shirt orange fluo se tient là, en plein milieu du champ. Le clown comprend que le drone l’a repéré et détale aussitôt, ce qui pousse à se demander ce qu’il faisait exactement là-bas. Il s’enfuit vers les bois et le pilote, ne voulant sans doute pas s’aventurer entre les arbres bas, choisit de ne pas le suivre. Le plus troublant, c’est qu’en revenant à l’endroit où il se trouvait, le pilote constate que le clown n’est pas allé bien loin.
En toute honnêteté, il pourrait s’agir d’une mise en scène. Le clown pourrait être un ami du pilote et toute la scène aurait été préparée à l’avance. Mais même dans ce cas, la vidéo fonctionne très bien pour vous empêcher de dormir à proximité d’un champ de maïs pendant un bon moment.
Un fermier en colère avec un fusil
Tout le monde n’apprécie pas les drones. Ils sont un peu bruyants, parfois agaçants, et cela sans même parler des questions de vie privée et des problèmes juridiques qu’ils peuvent poser. On entend donc parfois parler de personnes qui tirent sur des drones, ce qui est illégal dans de nombreuses régions du monde.
Cette scène précise est pourtant assez inquiétante. Un fermier, visiblement las des drones, s’avance lentement vers un appareil volant au-dessus de sa propriété, recharge un fusil à deux canons, vise et tire une seule fois, faisant tomber le drone. Le ralenti rend la scène encore plus troublante, le fermier prenant presque des allures de Terminator en rechargeant son arme.
Enfin… c’est ce que semble montrer la vidéo. Certains internautes l’ont jugée fausse, notant que l’éclair du tir paraît irréaliste, qu’aucune fumée ne sort du fusil, et qu’il y aurait même une incohérence : l’homme enlève sa casquette avant de tirer, mais lorsqu’on le revoit après l’impact du drone, elle est de nouveau sur sa tête. Ce serait un faux étrange à fabriquer, puisqu’il existe déjà de nombreux cas documentés d’arrestations pour exactement ce genre d’acte. Le résultat reste légèrement dérangeant, mais il serait encore plus marquant s’il était indiscutablement vrai.
Un requin en pleine chasse
Les requins font officiellement peur depuis 1975. Avant cela, ils faisaient seulement peur de manière officieuse. On les filme tout le temps, mais les images captées par drone pour Discovery Channel franchissent un autre niveau de malaise. Une équipe de chercheurs utilise un drone pour filmer les requins du ciel, l’eau étant trop trouble pour les observer autrement, et capture l’un d’entre eux au moment où il se prépare à manger.
Vu d’en haut, le requin chasse des phoques, qui se cachent habituellement près des rochers, au bord du rivage, pour éviter précisément ce genre de situation. Mais à cause de la marée haute, le requin peut se faufiler facilement entre les rochers. L’équipe comprend ce qui se passe à la manière dont le requin se comporte, et se prépare à assister à un véritable théâtre de prédateur marin à l’heure du déjeuner.
Un phoque, manifestement incapable de percevoir le danger tout proche, nage droit vers son ennemi affamé. En quelques secondes, le requin fonce et attaque, puis le sang envahit l’eau autour des deux animaux. Il secoue ensuite le phoque, et même si les experts de l’équipe assurent que la proie était probablement déjà morte, la scène reste profondément dérangeante, d’autant plus que les animaux ignoraient être observés.
