Sommaire
L’État du Maine vient de marquer l’histoire législative américaine en devenant le premier à adopter un moratoire sur la construction de grands centres de données. Cette décision intervient dans un climat de préoccupations croissantes concernant la consommation électrique massive et l’empreinte écologique des infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.
Le texte, validé par les deux chambres législatives locales, doit encore être officiellement promulgué par la gouverneure Janet Mills. Cette mesure suspend jusqu’à l’automne 2027 l’octroi de permis pour tout projet de centre de données dont la capacité électrique dépasse les 20 mégawatts.
Une évaluation rigoureuse des impacts
L’objectif de ce gel temporaire est de permettre la création d’un conseil spécialisé. Ce dernier aura pour mission d’analyser en profondeur les conséquences de ces installations sur le réseau électrique, l’environnement et le montant des factures d’énergie des citoyens. Ce seuil de 20 mégawatts cible particulièrement les infrastructures géantes déployées par les grands groupes technologiques pour soutenir l’essor fulgurant de l’IA.
Une explosion des investissements technologiques
Ce coup de frein législatif survient alors que les investissements dans les centres de données connaissent une croissance exponentielle aux États-Unis. Selon les données du secteur, les dépenses de construction sont passées de moins de 6,5 milliards d’euros en 2023 à des projections dépassant les 56 milliards d’euros pour 2025.
Le Maine est particulièrement sensible à cette question, figurant parmi les États où les tarifs d’électricité résidentiels ont le plus augmenté ces dernières années. Fin 2025, deux projets d’envergure y avaient déjà été stoppés, les élus locaux reprochant aux promoteurs d’avoir minimisé les besoins réels en eau et en électricité de leurs installations.
Un signal fort pour le reste du pays
Bien que la gouverneure Janet Mills soutienne le principe du moratoire, elle avait tenté d’obtenir une exception pour un projet de reconversion d’une ancienne papeterie représentant un investissement de près de 515 millions d’euros. Cette demande a toutefois été rejetée par les parlementaires, qui ont privilégié une application stricte de la nouvelle règle.
La décision du Maine pourrait n’être que le début d’un mouvement plus large à l’échelle nationale. Actuellement, onze autres États américains étudient des propositions législatives similaires, témoignant d’une résistance croissante face aux projets d’infrastructures des géants de la tech. La gouverneure dispose désormais d’un délai de dix jours pour signer la loi, y opposer son veto ou permettre son entrée en vigueur sans signature officielle.
