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La gestion de l’eau potable en France fait l’objet d’une offensive juridique sans précédent. Deux organisations non gouvernementales ont annoncé avoir saisi le tribunal administratif de Paris pour dénoncer l’inaction de l’État face aux pollutions d’origine agricole qui menacent les ressources nationales.
Une plainte pour carence fautive
France Nature Environnement (FNE) et l’Association Citoyenne Laïque des consommateurs ont déposé un recours visant à engager la responsabilité de l’État. Elles estiment que les autorités ont manqué à leur devoir de protection des zones de captage. L’objectif de cette procédure est d’obtenir la mise en œuvre de mesures de protection immédiates et la réparation du préjudice écologique lié à la dégradation de la ressource.
Les plaignants demandent à la justice d’enjoindre le gouvernement à agir dans des délais restreints. Ils réclament des premières décisions sous six mois et une réduction drastique de l’usage des pesticides de synthèse sur l’ensemble des aires d’alimentation de captage d’ici un an.
Des milliers de points de captage condamnés
Le constat dressé par les associations s’appuie sur des données administratives alarmantes. Entre 1980 et 2025, près de 14 640 captages d’eau potable ont été fermés sur le territoire français. Dans près d’un tiers des cas, cette fermeture est due à une dégradation irrémédiable de la qualité de l’eau. Parmi ces situations, 41,6 % sont provoquées par des concentrations excessives de nitrates ou de pesticides.
Ces polluants, utilisés pour les cultures, finissent par s’infiltrer dans les nappes phréatiques et les rivières. Une fois la ressource contaminée, les coûts de dépollution pour rendre l’eau propre à la consommation deviennent exorbitants, une charge financière qui pèse directement sur les contribuables français.
Un arbitrage difficile entre agriculture et environnement
Les ONG appellent à un soutien accru pour les agriculteurs afin de les aider à abandonner les pesticides de synthèse. Cette action en justice intervient alors que le gouvernement tente de calmer la colère du monde agricole avec un projet de loi d’urgence. Cependant, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent de voir le débat parlementaire favoriser la réintroduction de certains produits phytosanitaires interdits, via notamment la proposition de loi Duplomb II.
