Les corps restent-ils vraiment sur le mont Everest ?
Oui… enfin, en quelque sorte. Quand on parle du corps mont Everest, l’image est saisissante, mais la réalité est surtout celle d’une montagne extrême, où l’écologie, la survie et la logistique se heurtent de plein fouet. Le mont Everest est l’un des lieux les plus hostiles de la planète : les décès y surviennent presque chaque année, au point que le dernier exercice sans au moins une mort remonte à 1977, selon la BBC. Autrement dit, l’Everest n’a rien d’un décor neutre : c’est un sommet où l’erreur se paie souvent au prix fort.
Pourtant, les alpinistes savent à quoi s’en tenir avant de s’engager sur ses pentes. Alors, lorsqu’un grimpeur meurt là-haut, la question devient vite moins morale que physique : redescendre un corps relève presque de l’impossible. On estime qu’il pourrait y avoir jusqu’à 200 corps encore présents sur la montagne, et le réchauffement des températures moyennes, en faisant fondre la neige, en dévoile régulièrement de nouveaux. Ce phénomène donne au mont Everest un aspect troublant, à la fois sinistre et révélateur des limites de l’intervention humaine en haute altitude.

Pourquoi ne récupère-t-on pas simplement les corps laissés sur le mont Everest ? La réponse tient surtout à la sécurité. Au-delà d’environ 6 400 mètres, il est généralement trop dangereux de tenter une extraction, et les corps gèlent très vite, parfois littéralement soudés au sol. Une fois dégagé de la paroi, un corps congelé peut dépasser les 300 livres, soit plus de 135 kilos, ce qui complique encore son transport dans le froid, le manque d’oxygène et sur un terrain instable. Dans ces conditions, vouloir récupérer un disparu peut vite transformer d’autres sauveteurs ou alpinistes en nouvelles victimes.
Pour les familles qui souhaitent malgré tout rapatrier un proche, l’opération peut coûter des dizaines de milliers de dollars. C’est l’une des raisons pour lesquelles certains grimpeurs disent préférer, en cas de mort sur l’Everest, rester sur place plutôt que d’imposer une récupération presque irréalisable. Mais la montagne ne pose pas seulement un problème humain : elle accumule aussi les déchets, au point de devenir un symbole gênant de la pollution en haute montagne. Quelques opérations ont tenté de retirer à la fois les corps et les détritus, mais les difficultés logistiques font que beaucoup continueront probablement à demeurer là où ils sont, figés dans la glace et dans l’histoire de l’alpinisme.
