Sommaire
La Chine a exprimé, le jeudi 7 mai 2026, sa volonté de collaborer étroitement avec la France pour la restitution d’œuvres d’art chinoises spoliées. Cette annonce intervient alors que le Parlement français s’apprête à valider une législation simplifiant ces procédures de retour vers leurs pays d’origine.
Un soutien officiel de Pékin
Le nouveau texte législatif est conçu pour faciliter la sortie des collections nationales françaises de biens acquis de manière illicite durant la période coloniale. Ce projet de loi permet de répondre plus efficacement aux demandes de restitution formulées par les États spoliés. Alors que l’Assemblée nationale a déjà voté à l’unanimité en faveur du texte, le Sénat doit se prononcer définitivement ce jeudi.
Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a salué l’engagement de la France dans ce dossier. Selon lui, Pékin apprécie le sens des responsabilités manifesté par les autorités françaises et espère une conclusion rapide du processus législatif afin d’entamer une coopération concrète dans ce domaine.
Une procédure administrative simplifiée
Jusqu’à présent, les demandes de restitution se heurtaient souvent à la rigidité des institutions muséales et à la nécessité de voter des lois spécifiques pour chaque dossier. La nouvelle loi introduit un changement majeur : le gouvernement pourra désormais autoriser la restitution d’œuvres par simple décret.
Le champ d’application de la loi est toutefois délimité dans le temps. Elle concerne uniquement les biens culturels acquis entre 1815 et 1972. Cette période s’étend du début du second empire colonial français jusqu’à l’entrée en vigueur d’une convention de l’Unesco sur la protection du patrimoine.
Le traumatisme historique du Palais d’été
La question des spoliations reste un sujet particulièrement sensible en Chine, notamment en ce qui concerne le sac de l’ancien Palais d’été de Pékin en 1860. Ce site historique majeur avait été dévasté par les forces armées franco-britanniques, un acte de pillage dénoncé à l’époque par l’écrivain Victor Hugo. De nombreux objets issus de cet événement sont aujourd’hui dispersés dans des collections à travers le monde.
Des gestes de restitution significatifs ont déjà été enregistrés par le passé. En 2013, la famille de l’homme d’affaires François-Henri Pinault avait ainsi rendu gratuitement à la Chine deux précieuses têtes d’animaux en bronze provenant du Palais d’été. De même, au milieu des années 2010, la France avait restitué plusieurs plaques d’or de grande valeur après avoir acquis la certitude qu’elles provenaient d’un site archéologique chinois pillé.
