Six mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille, les enquêteurs considèrent désormais comme hautement probable que le jeune homme de 20 ans ait été tué par erreur. L’opération visait en réalité son frère, Amine Kessaci, un militant écologiste activement engagé dans la lutte contre les narcotrafiquants.
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci a été abattu de plusieurs balles en plein après-midi dans une rue de la cité phocéenne. La victime, totalement inconnue des services de police et sans aucun lien avec le trafic de stupéfiants, a succombé à ses blessures lors d’une attaque qui a provoqué une vive émotion politique. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait alors dénoncé un crime d’intimidation marquant un véritable point de bascule.
Une confusion liée à un numéro de téléphone
Selon des sources proches de l’enquête, la certitude des autorités repose sur une confusion technique. L’erreur proviendrait d’un numéro de téléphone utilisé par Mehdi Kessaci, mais qui était officiellement attribué à son frère Amine. Ce numéro aurait été transmis par les commanditaires du crime à l’équipe chargée de l’exécution.
Bien que plusieurs pistes aient été étudiées initialement, les investigations ont permis de consolider la thèse de l’erreur de cible. Les enquêteurs attribuent désormais ce meurtre à la DZ Mafia, une organisation criminelle marseillaise lourdement impliquée dans le narcotrafic et la violence organisée.
L’enquête progresse sous l’égide du Pnaco
Dans le cadre de cette affaire, dix personnes, dont huit hommes et deux femmes, ont été interpellées à la mi-mars dans la région marseillaise et dans l’Hérault. Ces suspects sont soupçonnés d’avoir participé à la logistique nécessaire à la préparation de l’assassinat.
Le dossier est actuellement géré par le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). Cette juridiction spécialisée, créée en janvier dernier, est spécifiquement chargée de traiter les dossiers complexes liés au crime organisé et au narcotrafic sur le territoire français.
