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Le Musée national des douanes de Bordeaux propose une immersion inédite dans le quotidien des garde-côtes à travers l’exposition « La douane aux frontières du large ». De la création du service en 1791 aux technologies de pointe actuelles, le parcours retrace l’évolution d’un corps d’élite méconnu, essentiel à la surveillance des côtes françaises.
Des sentiers littoraux aux premières pataches
L’histoire des garde-côtes s’enracine bien avant l’époque contemporaine. Si les célèbres sentiers de grande randonnée qui bordent aujourd’hui le littoral étaient autrefois des chemins douaniers, la présence de l’administration en mer remonte à un arrêt de 1719. Ce dernier autorisait l’armement de pataches, des bureaux flottants chargés de percevoir les taxes d’ancrage.
Le service des garde-côtes a officiellement vu le jour en 1791. L’objectif initial était d’intercepter les navires avant leur arrivée au port pour lutter contre la contrebande. Au fil des siècles, l’administration a structuré ses moyens pour étendre sa surveillance et diversifier ses interventions, notamment après la Seconde Guerre mondiale pour faire face à l’explosion du trafic de tabac dans les années 1950.
La lutte contre les trafics et la French Connection
Bien que les missions soient multiples, la lutte contre les stupéfiants reste un pilier de l’activité douanière. L’exposition rappelle des saisies historiques, comme celle du navire de pêche Caprice des temps en 1972. En pleine période de la French Connection, les douaniers avaient intercepté 438 kg d’héroïne au large de Porquerolles, ce qui constituait à l’époque la plus importante saisie mondiale.
Aujourd’hui, les agents interviennent dans près de 45 missions réparties dans dix domaines différents. Outre la lutte contre la drogue, ils assurent le contrôle des quotas de pêche, la lutte contre la pollution maritime et participent activement au sauvetage en mer.
Sauvetage et objets insolites
Un volet de l’exposition est consacré aux techniques de secours, parfois surprenantes. Avant la généralisation de l’hélitreuillage, les douaniers utilisaient des fusils ou pistolets lance-amarres capables de projeter des lignes de vie sur plus de 300 mètres pour relier un navire en détresse à la terre ferme.
Parmi les objets insolites présentés figure une boîte de secours utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle contient notamment une pince tire-langue, outil destiné à pratiquer la technique de la traction rythmée de la langue pour tenter de réanimer les naufragés par réflexe de régurgitation.
Un dispositif moderne pour le deuxième domaine maritime mondial
Avec plus de 10 millions de km² de surface maritime et 18 450 km de côtes en incluant l’Outre-mer, la France possède le deuxième plus grand espace maritime au monde derrière les États-Unis. Pour surveiller cette zone immense, le service s’appuie sur environ 850 agents, majoritairement des marins.
Les anciens voiliers ont laissé place à une flotte moderne composée de 35 bateaux, dont trois patrouilleurs de haute mer de plus de 40 mètres. Ce dispositif est complété par une vingtaine d’avions et d’hélicoptères, ainsi que par l’utilisation de drones depuis 2022. L’exposition reste accessible jusqu’au 22 novembre au Musée national des douanes de Bordeaux, avec une visite exceptionnelle de la vedette garde-côtes Seudre prévue le 7 juin.
