L’association de consommateurs Que Choisir Ensemble a récemment pointé du doigt les pratiques tarifaires de la grande distribution concernant les produits issus de l’agriculture biologique. Selon une étude basée sur les données officielles du Réseau des Nouvelles des Marchés, les enseignes appliqueraient des marges brutes en moyenne 81 % plus importantes sur les fruits et légumes bio que sur leurs équivalents conventionnels.
Cette analyse s’inscrit dans un contexte de débat national sur le coût de l’alimentation saine. Un récent rapport de la commission d’enquête du Sénat avait déjà souligné que des marges élevées sur les produits de qualité serviraient parfois à compenser les tarifs bas des produits ultra-transformés, une stratégie que les distributeurs contestent fermement.
Une tarification jugée pénalisante pour le secteur bio
Pour étayer ses conclusions, l’organisation a comparé les prix de 24 fruits et légumes durant l’année 2025. La méthode de calcul repose sur la différence entre le prix de vente aux consommateurs, hors TVA, et le prix agricole versé aux producteurs par les distributeurs.
L’écart de rentabilité semble particulièrement flagrant pour certains produits spécifiques. Par exemple, pour la tomate bio, le prix versé à l’agriculteur n’est que 44 % plus élevé que pour une tomate classique, alors que la marge prélevée par le magasin bondit de 113 %. Que Choisir Ensemble estime que ce mécanisme renchérit artificiellement le panier bio et demande une révision des politiques tarifaires pour favoriser une alimentation plus saine.
La réponse de la grande distribution
Face à ces accusations, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a tenu à réagir. Sa direction des études affirme qu’aucune donnée publique ne permet de confirmer l’existence d’une « surmarge » systématique sur le bio par rapport au conventionnel.
La FCD s’appuie sur les conclusions de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. Selon cet organisme, les niveaux de marge seraient comparables, voire parfois inférieurs à ceux pratiqués dans les circuits spécialisés. Les professionnels du secteur rappellent que les prix plus élevés en rayon s’expliquent principalement par des coûts de production, de logistique et de conservation bien plus contraignants pour la filière biologique.
