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Alors que les vagues de chaleur se multiplient, les établissements scolaires français peinent à s’adapter. Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN-Unsa, a récemment rappelé que les écoles ne sont pas prêtes pour affronter de tels épisodes caniculaires. Le témoignage de Sophie, enseignante de CP en Nouvelle-Aquitaine depuis deux décennies, illustre l’urgence de la situation dans des bâtiments souvent inadaptés.
Une chaleur étouffante au cœur des salles de classe
Dans l’école de Sophie, située en zone d’éducation prioritaire (REP), le thermomètre s’affole. Construit dans les années 1960, le bâtiment absorbe la chaleur sans jamais la restituer. L’enseignante rapporte des températures matinales de 30 °C, grimpant jusqu’à 34 °C ou 35 °C l’après-midi. Malgré l’installation de rideaux thermiques dans certaines classes, aucun changement notable n’a été constaté par les équipes pédagogiques.
Les conséquences sur la santé des élèves et du personnel sont préoccupantes. Sophie évoque des souvenirs de l’année précédente où deux enfants avaient été pris de malaises allant jusqu’aux vomissements. Cette année, les maux de tête sont déjà fréquents chez les élèves de 6 à 7 ans, malgré les consignes de s’hydrater toutes les dix minutes et de se mouiller régulièrement le visage et les cheveux.
Le système D pour survivre à la canicule
Face à l’inaction ou au manque de moyens, les enseignants rivalisent d’ingéniosité pour rafraîchir leurs classes :
- Des sorties improvisées dans des supermarchés climatisés à proximité.
- Des cours dispensés dans des parcs pour profiter de l’ombre et des points d’eau.
- L’installation des élèves au sous-sol de l’établissement, à même le carrelage froid.
La réponse matérielle des municipalités est jugée insuffisante. Dans la commune de Sophie, la mairie a livré un tuyau d’arrosage sans embout compatible pour la cour bétonnée. Quant aux rafraîchisseurs d’air promis, leur nombre reste dérisoire face au nombre total de classes. L’enseignante a d’ailleurs dû acheter un ventilateur sur ses propres deniers pour tenter de rendre l’air respirable.
Un appel à l’adaptation des bâtiments scolaires
Le malaise ne touche pas que les enfants. Le personnel éducatif subit également ces conditions extrêmes, avec des signalements de malaises et de nausées parmi les collègues. Pour Sophie, la situation est d’autant plus complexe que les élèves vivent souvent dans des quartiers populaires où les logements sont tout aussi exposés à la chaleur que l’école.
Les syndicats, tels que l’UNSA-Éducation, réclament la mise en place d’une échelle de vigilance climatique académique. Ils préconisent des mesures de protection immédiates, incluant l’adaptation de l’accueil ou la fermeture des établissements dès que le niveau de vigilance orange canicule est activé par Météo-France. Le retard pris dans l’adaptation des infrastructures scolaires au changement climatique devient aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur.
