Explosion de la fusée New Glenn : quel impact pour la Nasa ?

par Sophie
0 commentaires
A+A-
Reset
Explosion de la fusée New Glenn : quel impact pour la Nasa ?
États-Unis, Chine, France

Les images sont spectaculaires et les conséquences pourraient être majeures pour l’industrie spatiale américaine. Ce jeudi 28 mai, la fusée New Glenn de l’entreprise Blue Origin a explosé lors d’un essai au sol à Cap Canaveral, en Floride. Si l’incident n’a fait aucun blessé, les dégâts matériels sur les infrastructures de lancement sont considérables, marquant un coup d’arrêt brutal pour la société fondée par Jeff Bezos et pour le calendrier du programme lunaire Artémis.

Un test de mise à feu qui tourne au désastre

L’accident s’est produit vers 21 heures, heure locale (soit 3 heures du matin en France), alors que Blue Origin effectuait un « static fire ». Ce test consiste à allumer les moteurs de la fusée pendant que celle-ci reste solidement fixée au sol afin de valider les procédures de remplissage des réservoirs et le compte à rebours réel. L’explosion est survenue au moment de l’allumage des moteurs BE-4 du premier étage.

Jeff Bezos a rapidement confirmé que l’ensemble du personnel était en sécurité, tout en précisant qu’il était trop tôt pour déterminer les causes exactes de la défaillance. Selon les premières analyses partagées par des experts du Centre de l’espace de Toulouse, le problème semble s’être déclaré dans la section moteur du premier étage, qui fonctionne avec un mélange de méthane et d’oxygène liquide.

Le programme Artémis directement impacté

Ce test visait initialement à préparer la mission NG-4 prévue pour le début du mois de juin, destinée à mettre en orbite des satellites de la constellation Amazon Leo. Cependant, l’enjeu principal de la fusée New Glenn réside dans son rôle crucial pour la NASA. Elle doit notamment transporter l’alunisseur Blue Moon Mark 1, chargé de déposer du matériel et des rovers sur la surface lunaire.

Initialement distancée par SpaceX, Blue Origin était repassée devant l’entreprise d’Elon Musk pour certaines phases du programme en raison des retards accumulés par le Starship. Le Blue Moon Mk1 devait effectuer un vol de démonstration non habité fin 2026. Cette explosion remet désormais en question cette avance et pourrait forcer la NASA à revoir l’intégralité de ses contrats de transport lunaire.

Une aubaine pour la concurrence chinoise ?

Les répercussions de cet incident dépassent la simple rivalité entre milliardaires. L’explosion a gravement endommagé le pas de tir numéro 36, le seul capable d’accueillir la New Glenn. L’effondrement d’une tour de protection laisse craindre une indisponibilité prolongée de l’infrastructure, ce qui pourrait décaler le lancement d’Artémis 3 prévu pour 2027 et, par extension, celui d’Artémis 4 en 2028.

Ce retard est une nouvelle préoccupante pour les États-Unis dans leur course contre la Chine. Alors que Washington visait un retour sur la Lune avant 2029, année du 80e anniversaire de la Révolution chinoise, Pékin semble désormais avoir le champ libre. Les tests chinois sur les alunisseurs et les scaphandres progressent, et le premier décollage de leur lanceur Longue Marche 10 est attendu prochainement, confirmant la solidité de leur calendrier face aux déboires américains.

Suggestions d'Articles

Laisser un Commentaire