Tout le monde a sa chanson de karaoké fétiche. Qu’il s’agisse d’un chanteur d’opéra caché ou d’un amateur enthousiaste mais un peu faux, chacun possède ce titre qu’il pense pouvoir interpréter avec brio pour charmer son auditoire. Bien que les résultats soient parfois discutables, le karaoké reste une activité de divertissement incontournable qui permet de se connecter à ses morceaux préférés de manière intime.

Comme beaucoup d’inventions, le karaoké a pris une activité humaine fondamentale, chanter ensemble, pour la rendre plus sophistiquée et plus sonore. Attribué à Daisuke Inoue, un musicien de studio japonais, ce concept est devenu en cinquante ans un phénomène planétaire. Le mot « karaoké » a rejoint « sushi » parmi les termes japonais les plus connus à travers le globe.
Une invention japonaise popularisée par les Philippines
L’histoire commence en 1970 à Kobe, où Inoue travaillait dans un bar comme musicien d’accompagnement. Sa force résidait dans sa capacité à suivre les chanteurs amateurs, peu importe leurs erreurs de rythme ou de tonalité. Lorsqu’un client régulier lui a demandé de l’accompagner lors d’un voyage d’affaires pour chanter devant ses collègues, Inoue, ne pouvant se libérer, lui a fourni une bande enregistrée. L’idée était née.
Inoue et ses amis ont ensuite conçu des machines pour diffuser ces pistes d’accompagnement à Kobe, Osaka et Tokyo. Cependant, il a négligé de déposer un brevet pour son invention. C’est finalement l’inventeur philippin Roberto del Rosario qui a breveté son propre appareil en 1975, récoltant ainsi une grande partie de la reconnaissance officielle et des bénéfices financiers.

Un phénomène culturel aux conséquences variées
Aujourd’hui, les Philippines sont l’un des pays les plus passionnés par cette pratique. Cette ferveur est telle que l’interprétation de certains titres, comme « My Way » de Frank Sinatra, a parfois provoqué des incidents tragiques. Mais le karaoké apporte aussi de belles histoires : c’est ainsi que le groupe Journey a découvert son nouveau chanteur principal, Arnel Pineda, parmi les nombreux interprètes de l’archipel en 2007.
