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Depuis sa création en 2023, le Mouvement de soutien aux défenseur·es de l’environnement (MSDE) s’est donné pour mission de documenter la réponse judiciaire face aux actions pour le climat. S’appuyant sur une dizaine de permanents et une soixantaine de bénévoles, l’association déploie des « scribes » et des illustrateurs dans les tribunaux de toute la France pour archiver ces audiences souvent méconnues du grand public.
Une immersion dans les couloirs de la justice
Au Palais de justice de Paris, l’activité est intense. Sonia, membre de la première heure, accompagne Lola, une étudiante de 21 ans, pour sa première mission de scribe. Elles doivent suivre le procès en appel de quatre militants d’Extinction Rebellion, poursuivis pour des dégradations légères lors d’une action de désobéissance civile non violente au Salon de l’agriculture.
Pour ces bénévoles, l’enjeu est de retranscrire avec précision les échanges, le jargon juridique et l’ambiance de la salle. Ces notes, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de pages, sont ensuite analysées et intégrées à une base de données nationale. Cette documentation permet de mettre en lumière la réalité vécue par les activistes face à l’institution judiciaire.
Une hausse spectaculaire des poursuites
Les chiffres recueillis par le MSDE révèlent une accélération nette de la répression. Entre 2019 et 2022, on comptait environ 12 à 24 procès de militants écologistes par an. Ce chiffre a bondi à 56 en 2023, pour atteindre 97 en 2024 et 91 en 2025. En seulement deux ans, plus de 240 procès ont été recensés sur le territoire français.
Cette intensification des poursuites s’accompagne, selon les membres de l’association, d’un durcissement du ton des magistrats. Sonia rapporte avoir entendu des comparaisons entre militants et terroristes ou délinquants sexuels lors de certaines audiences. Elle dénonce une forme de mépris envers ceux qui agissent pourtant au nom de l’intérêt général et du bien commun.
Le rôle crucial des bénévoles
L’engagement au sein du MSDE prend différentes formes. Pour Sonia, qui travaille dans le secteur culturel, c’est une manière de prolonger son militantisme de terrain par une action citoyenne d’observation. Pour Lola, étudiante à Sciences Po, cette expérience permet de comprendre les répercussions humaines concrètes d’une arrestation ou d’un procès, loin des images diffusées à la télévision.
Au-delà de l’archivage, le mouvement propose des ressources juridiques aux militants et publie régulièrement des récits d’audience. Ces documents servent à sensibiliser les citoyens lors de tables rondes ou de mobilisations, transformant chaque procès en une fenêtre ouverte sur les réalités sociales et environnementales de l’époque.
