Troisième salve UAP du Pentagone : trois cas concrets et ce qu’ils disent vraiment

par Olivier
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Rendu artistique officiel du Department of War représentant un incident UAP rapporté près d'un site sensible dans l'ouest des États-Unis

Le 12 juin 2026, le Department of War — c’est-à-dire le Pentagone rebaptisé — a mis en ligne la troisième salve de documents déclassifiés sur les UAP. Contrairement aux deux précédentes, celle-ci est presque entièrement composée de récits de témoins oculaires, civils ou agents fédéraux, et de quelques vidéos. Le compte rendu honnête est plus modeste que le bruit médiatique ambiant : la plupart de ces cas ne sont pas résolus, et aucun ne démontre une origine non humaine.

PURSUE : un programme de déclassification, pas une révélation

Le dispositif s’appelle PURSUE, pour Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters. Lancé le 8 mai 2026 sur le portail war.gov/UFO à la suite d’une directive du président Donald Trump, il a déjà produit deux salves (8 mai, 22 mai) et une troisième le 12 juin. Le Pentagone revendique 1,7 milliard de visites cumulées sur le portail depuis son ouverture.

La salve du 12 juin contient environ 72 fichiers : une cinquantaine de documents, dix images, six vidéos et trois enregistrements audio fournis par la NASA. Les pièces s’échelonnent des années 1940 à 2025-2026 et impliquent plusieurs agences (Department of War, FBI, CIA, NASA). Tous les cas publiés sont explicitement non résolus — c’est-à-dire que les enquêteurs n’ont pas assez de données multi-capteurs, de traces physiques ou d’observations répétées pour trancher.

Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, justifie l’opération par un argument de transparence : « the American people see it for themselves ». Le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, cité dans la communication officielle, parle de fichiers « hidden behind classifications » qui ont alimenté « justified speculation ». Le ton est celui d’une ouverture administrative, pas d’une annonce scientifique.

Trois cas à regarder de près

Harare 2008 — un objet discoïde à lumières rotatives

Un document de la CIA, jusque-là non publié, décrit un objet discoïde à centre creux observé au-dessus de l’aéroport international de Harare, au Zimbabwe, en 2008. Le rapport mentionne « a series of rotating lights on the underside of the airframe » et indique que la scène a conduit à placer en alerte élevée du personnel diplomatique américain. Le document lui-même consigne que les témoins ont hésité entre « advanced reconnaissance device of a foreign government » et « extraterrestrial origins » — sans trancher. Aucune vidéo ni donnée radar n’accompagne le récit.

Colorado Springs 2022 — la « pomme de terre » près de Cheyenne Mountain

Plusieurs témoins décrivent, près de Colorado Springs et à proximité de Cheyenne Mountain (un site militaire sensible), un objet « shaped like a potato », de couleur « creamy/whitish opalescent », légèrement translucide, dont les panneaux « shifted in slow waves » sans que l’objet ne bouge dans son ensemble. L’AARO, l’All-domain Anomaly Resolution Office qui pilote l’investigation, propose une explication prosaïque : la réflexion du soleil sur la neige au sol, combinée à un angle de visée, aurait pu éclairer un nuage bas — mais précise avoir « low confidence » dans cette lecture. Le cas reste donc officiellement non résolu.

Ouest des États-Unis 2023 — « grapes being expelled from a basketball »

C’est le récit le plus relayé. Des agents fédéraux décrivent des groupes de « weird lights » se déplaçant en formation. Un compte rendu détaille un grand orb orange dont semblent sortir des orbs plus petits, comparés à « grapes being expelled from a basketball ». L’un des agents s’exclame « Are you seeing this? » au milieu de l’observation. Des rendus artistiques officiels, produits par le Department of War, ont été publiés en complément.

Un autre cas, dit « Orbs Over the Pond », documenté en octobre 2024 dans le nord-est du pays, montre une vidéo iPhone d’une sphère rouge avec un « white plasma sun » central. Le Debrief, qui a épluché les documents, note que la vidéo ressemble à s’y méprendre à des « sky lanterns » — des lanternes célestes asiatiques — et qu’elle pourrait même être identique à une vidéo déjà analysée par un groupe de sécurité aérienne l’an dernier.

Ce que ces fichiers ne montrent pas

Trois absences méritent d’être soulignées. Premièrement, aucune trace physique — pas de débris, pas d’analyse de matériau, pas d’effet sur l’environnement. Deuxièmement, aucune donnée multi-capteurs synchronisée (radar + infrarouge + visuel + électromagnétique) qui permettrait de reconstituer la trajectoire et la signature d’un objet. Troisièmement, aucun cas récurrent au sens scientifique : un même type d’observation vue à des endroits et des moments différents dans des conditions contrôlées.

Le rapport consolidé AARO publié en novembre 2024 a analysé plus de 1 600 cas. La grande majorité a été résolue en phénomènes classiques : ballons, drones, avions, oiseaux, artéfacts de capteurs. Une petite minorité reste non résolue, essentiellement par manque de données, et non parce qu’elle résisterait par nature à toute explication. La NASA, par la voix de son UAP Independent Study Team, rappelle régulièrement qu’il faut des « rigorous data collection, standardized reporting, and avoidance of premature conclusions ».

Le regard sceptique qui manque au débat

Mick West, figure de la communauté sceptique des UAP, résume la déception sur son compte X : « All 46 videos have been released. None of them are amazing. Maybe it’s time to consider that this might be the best they have. » Micah Hanks, journaliste à The Debrief et lui-même chercheur UAP depuis des décennies, prolonge : la majorité des vidéos circulant depuis trois mois « end up being misidentifications of known objects ». Le travail d’identification — qu’il qualifie pudiquement de « debunking » — serait, selon lui, la meilleure contribution possible au débat, parce qu’il permet d’isoler le résidu des cas vraiment non élucidés.

Ce résidu existe. La 3e salve de PURSUE le confirme. Mais il faut le regarder pour ce qu’il est : des témoignages humains, parfois crédibles, souvent sans autre appui qu’un récit écrit, parfois une vidéo amateur. Aucune de ces pièces n’établit, à ce stade, qu’un objet observé ait une origine non humaine, extraterrestre ou technologique étrangère.

Sources

  • The Debrief — The Pentagon Just Released Its Third Batch of UAP Files—What Have We Learned from the PURSUE Releases So Far? (Micah Hanks, 14 juin 2026) : thedebrief.org
  • New Space Economy — Pentagon Releases Third Batch Of Declassified UAP Files: Glowing Orbs And Unresolved Mysteries In Latest Government Disclosure (13 juin 2026) : newspaceeconomy.ca
  • U.S. Department of War — portail officiel de publication des fichiers PURSUE : war.gov/UFO

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