Trois individus ont été mis en examen ce dimanche à Paris, soupçonnés d’avoir orchestré une tentative d’extorsion ciblant le dirigeant de Binance France, une figure majeure du secteur des cryptomonnaies. Selon des sources judiciaires, les suspects auraient formé un commando armé dans le but de s’en prendre au chef d’entreprise, mais leur parcours a été marqué par plusieurs erreurs de cible.
Interpellés jeudi à Lyon, les trois hommes font face à de lourdes charges, notamment pour séquestration, vol et extorsion en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs. À l’issue de leur présentation à la justice, deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que le troisième a demandé un débat différé devant le juge des libertés et de la détention.
Une succession de violences et d’erreurs
Les faits se sont déroulés tôt jeudi matin. Vers 7 heures, le trio encagoulé et armé a fait irruption dans un appartement situé à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne. Un couple présent sur les lieux a été séquestré et violenté par les malfaiteurs, qui cherchaient visiblement à localiser le PDG de Binance France. Ne trouvant pas leur cible, ils ont fouillé plusieurs logements de l’immeuble avant de dérober deux téléphones et de prendre la fuite.
Les agresseurs se sont ensuite dirigés vers Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine. Là encore, ils ont pénétré dans une habitation par erreur, pensant y trouver un entrepreneur spécialisé dans les cryptomonnaies. Une femme présente a été frappée à coups de crosse. C’est au cours de cette seconde agression que les victimes ont entendu l’un des suspects confirmer au téléphone qu’ils ne se trouvaient pas à la bonne adresse.
Enquête et contexte de criminalité crypto
Grâce à la géolocalisation des téléphones volés lors de la première intrusion, les forces de l’ordre ont pu tracer le parcours des fugitifs. Les trois suspects, nés entre 2004 et 2007, ont été arrêtés à leur descente de train à Lyon. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire couvrant de multiples chefs d’accusation, incluant l’enlèvement et la détention d’armes de catégorie B.
Cette affaire s’inscrit dans une tendance inquiétante observée depuis le début de l’année 2025. La Brigade de répression du banditisme (BRB) note une recrudescence des vols et enlèvements ciblant les détenteurs de cryptoactifs. Plusieurs incidents similaires ont été rapportés récemment, dont le rapt d’un cofondateur de Ledger en janvier et l’agression d’une magistrate dont le proche était lié à une start-up du secteur.
