Une alternative à l’euthanasie existe pour Curtis. C’est le message porté par la pétition « Grâce pour Curtis », qui a rassemblé plus de 10 000 signatures en moins de vingt-quatre heures. Lancée de manière anonyme, cette initiative vise à sauver le chien dont l’euthanasie a été requise à l’issue du procès de son maître, Christophe Ellul.
Ce dernier comparaissait pendant trois jours pour homicide involontaire à la suite du tragique décès de sa compagne, Elisa Pilarski. La jeune femme a perdu la vie en 2019, victime de multiples morsures attribuées au pitbull du couple.
Pour la première fois lors de l’audience, le propriétaire de 51 ans a reconnu une potentielle culpabilité de son animal. Depuis le drame, le chien, considéré par la justice comme un scellé vivant, est maintenu dans un chenil. Âgé de deux ans au moment des faits, il en a aujourd’hui huit. Les auteurs de la pétition déplorent qu’il ait passé la majeure partie de son existence derrière des barreaux et affirment qu’une solution sécurisée est désormais envisageable.
Une fin de vie digne dans un sanctuaire
L’alternative proposée repose sur la grâce de l’animal et son placement définitif au sein du sanctuaire de l’association AVA (Agir pour la vie animale). Reconnue pour son expertise de longue date dans la protection animale, la structure s’est portée volontaire pour offrir au canidé un environnement adapté à ses besoins pour ses dernières années.
Selon le texte de la pétition, l’association dispose d’infrastructures spécialement conçues pour les animaux nécessitant un encadrement strict. Elle s’appuie également sur des équipes professionnelles expérimentées et des protocoles de sécurité rigoureux, protégeant à la fois le public, le personnel et l’animal lui-même.
Les défenseurs du projet estiment qu’après plus de six années d’enfermement, le chien mérite une fin de vie digne. Ils soulignent qu’accorder cette grâce ne revient pas à ignorer la gravité des faits survenus en 2019, mais prouve qu’il est possible d’assurer la sécurité de la société tout en préservant une vie.
Dans l’attente du jugement
En parallèle, l’association Les amis de Sam, qui s’est constituée partie civile dans cette affaire, a également proposé d’accueillir l’animal. Selon cette organisation, une rééducation du chien est tout à fait possible pour écarter définitivement sa dangerosité.
Le sort du canidé et de son maître reste pour l’instant suspendu à la décision de la justice. Contre Christophe Ellul, le parquet a requis une peine de quatre ans de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Soissons, situé dans l’Aisne, rendra son délibéré très attendu le 11 juin prochain.
