Faits divers — Le mystère autour des victimes

Le nombre exact de victimes attribuées à Charles Sobhraj reste incertain. Condamné et arrêté pour neuf meurtres, il fait l’objet d’estimations très variables : certaines sources avancent environ une douzaine de victimes, tandis que d’autres évoquent des totaux pouvant atteindre 24, 30, voire plus. Ces divergences s’expliquent par la nature itinérante de ses crimes et par des enquêtes incomplètes dans plusieurs pays d’Asie du Sud‑Est.
La période pendant laquelle il a sévi, environ treize ans en compagnie de sa compagne et d’un complice, a favorisé les zones d’ombre. Victimes souvent étrangères, voyageurs et routards sur la route hippie, beaucoup ont disparu sans que leurs cas ne fassent immédiatement le lien avec un même auteur. Il est probable que le total réel des victimes ne soit jamais connu avec certitude.
Mode opératoire et motifs

Malgré l’incertitude du bilan, un schéma récurrent se dégage dans les méthodes employées par Charles Sobhraj :
- Il commençait presque toujours par droguer ses victimes, affaiblissant ainsi toute résistance.
- Les suites pouvaient varier : étouffement, coups de couteau, parfois noyade dans une poche d’eau au rythme de la marée.
- Souvent, les corps étaient incendiés, dans certains cas alors que la victime était encore vivante.
Au‑delà des meurtres, Sobhraj pratiquait le vol d’identité : il subtilisait les passeports de ses victimes pour revêtir leurs identités et poursuivre ses déplacements en toute liberté. Cette aptitude à se fondre sous diverses identités, combinée à des procédures policières parfois laxistes selon les juridictions, explique en partie son évasion répétée des autorités — il s’est évadé de trois prisons situées dans des pays différents au cours de sa cavale.
Ces éléments éclairent le mystère entourant le nombre de victimes et la difficulté d’établir une chronologie complète des faits, points qui se raccordent naturellement aux analyses criminologiques et historiques suivantes.
