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Depuis une année, l’investissement dans les cryptomonnaies en France ne représente plus uniquement un risque financier ou technologique, mais bel et bien un danger physique. Une vague inquiétante d’attaques violentes, allant de cambriolages armés à des enlèvements suivis d’actes de torture, cible désormais les détenteurs d’actifs numériques et leurs familles. L’actualité récente a été marquée par la séquestration en Isère d’une magistrate, compagne d’un entrepreneur du secteur, ainsi que de sa mère.
Face à ce climat d’insécurité, certains investisseurs préfèrent se retirer. C’est le cas de Martin, qui a liquidé l’ensemble de son portefeuille pour revenir à des placements bancaires classiques. Selon lui, le stress engendré par la possibilité d’un cambriolage violent ne justifie plus les gains potentiels, même si la probabilité statistique reste faible.
La hantise des fuites de données
La source majeure d’inquiétude pour les investisseurs réside dans la compromission de leurs données personnelles. Eric Larchevêque, cofondateur de Ledger, souligne la gravité de la situation, rappelant que son associé a subi un enlèvement et des tortures en début d’année 2025. Pour se prémunir, l’entrepreneur a dû recourir à des services de sécurité privée onéreux et adapter ses déplacements.
Selon les experts du secteur, les victimes sont souvent identifiées via des bases de données piratées circulant sur le darknet. Paradoxalement, le cadre réglementaire français, qui impose de nombreux contrôles d’identité et justificatifs de domicile (KYC), multiplierait les fichiers sensibles susceptibles d’être dérobés. La directive européenne DAC8, visant une traçabilité accrue des transactions, renforce cette crainte d’exposition chez les détenteurs de cryptoactifs.
Stratégies d’anonymat et de défense
Pour échapper à ce ciblage, certains passionnés, comme Benoit, choisissent désormais de s’éloigner des plateformes régulées. Préférant l’anonymat à la transparence fiscale, ils adoptent des stratégies pour rendre leurs fonds moins accessibles, comme l’utilisation de portefeuilles dont les clés d’accès sont fragmentées et confiées à des tiers de confiance résidant à l’étranger. Cette méthode, validée par Eric Larchevêque, vise à rendre impossible tout transfert immédiat de fonds, même sous la contrainte physique.
La France particulièrement touchée
Les chiffres confirment cette tendance alarmante. Le parquet anticriminalité organisée (Pnaco) traite actuellement plusieurs dossiers d’extorsions en bande organisée liés aux cryptomonnaies. Sur le plan mondial, la France ferait figure de mauvais élève en matière de sécurité pour les investisseurs : sur 74 cas d’attaques physiques répertoriés récemment à travers le monde, 20 se sont déroulés sur le territoire français.
Pour limiter les risques sans céder à la panique, il est recommandé de réduire drastiquement son empreinte numérique. Cela passe par le nettoyage des informations personnelles disponibles en ligne, une discrétion absolue sur les réseaux sociaux et le renforcement de la sécurité du domicile.
