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Le tribunal pour enfants de Dijon a rendu son verdict concernant l’affaire du collégien ayant menacé de mort la principale de son établissement. Le jeune homme a été condamné à quatre ans de prison, dont deux années assorties d’un sursis probatoire. Les faits s’étaient déroulés le 15 mars 2024 à Chenôve, dans la métropole dijonnaise.
Cette condamnation, prononcée à l’issue d’un procès tenu à huis clos, est légèrement en deçà des réquisitions du parquet qui demandait cinq ans d’emprisonnement. Face à la gravité des actes, le mineur encourait théoriquement jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
Un passage à l’acte marquant
Âgé de 15 ans au moment des événements, l’adolescent était scolarisé en classe de troisième au collège Édouard-Herriot, un établissement situé en quartier prioritaire. L’incident a débuté à la suite de son exclusion d’un cours d’anglais. Renvoyé vers le bureau de la direction, il a remis à la cheffe d’établissement une lettre glaçante.
Ce document évoquait explicitement une prise d’otage et faisait référence au raid policier du 18 novembre 2015, mené en banlieue parisienne quelques jours après les attentats meurtriers du 13 novembre. Le jeune homme y mentionnait ses prétendus « frères morts » lors de cet assaut.
Menaces à l’arme blanche et arrestation
La situation a rapidement dégénéré lorsque l’élève a braqué un couteau en direction de la principale. Parvenant à s’échapper, cette dernière a immédiatement déclenché l’alarme anti-intrusion du collège, permettant l’interpellation de l’adolescent environ trente minutes plus tard.
Au cours de sa garde à vue et de l’instruction, le collégien a livré plusieurs versions. Il a initialement affirmé qu’il comptait poignarder sa professeure d’anglais, avant de prétendre avoir été engagé et rémunéré pour l’assassiner.
Le profil psychologique au cœur des débats
Ces déclarations changeantes ont été balayées par le parquet de Dijon et confirmées par l’expertise psychiatrique. Selon les spécialistes, ces propos macabres traduisaient avant tout un besoin de se valoriser et d’attirer l’attention.
Lors de l’audience, la défense a mis en avant le profil d’un adolescent en grande difficulté, cherchant davantage à effrayer qu’à tuer, insistant sur le fait qu’il n’avait l’étoffe ni d’un assassin, ni d’un terroriste. De son côté, l’avocat de la partie civile a salué la décision de justice, soulignant que le pire avait été évité de justesse face à une menace bien réelle et caractérisée.
