DZ Mafia : un avocat lyonnais en garde à vue pour corruption

par Olivier
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DZ Mafia : un avocat lyonnais en garde à vue pour corruption
Faits Divers

Une vaste offensive judiciaire menée récemment contre la DZ Mafia s’est soldée par le placement en garde à vue de quarante-deux personnes. Parmi les individus interpellés figurent les principaux chefs présumés de cette organisation criminelle marseillaise, spécialisée dans le narcotrafic. Le coup de filet a également visé maître Kamel A., un avocat lyonnais de 49 ans. Ce dernier est fortement soupçonné d’avoir été corrompu par le gang et d’avoir fourni divers services illicites à ses membres incarcérés.

Un parcours atypique dans le droit pénal

Inscrit au barreau de Lyon depuis 2020, Kamel A. exerce à Lissieu, dans le département du Rhône. Spécialiste du droit pénal, il s’est d’abord illustré par un parcours académique, soutenant en 2013 une thèse de doctorat consacrée à la réparation et la restauration des victimes d’infractions pénales. Ses confrères décrivent un homme arrivé tardivement dans la profession, sans être passé par la formation classique des cabinets spécialisés dans la grande criminalité organisée.

Si l’homme est souvent qualifié de sympathique, certains pénalistes lyonnais s’étonnaient de le voir délaisser les affaires courantes pour une clientèle liée au grand banditisme. Il lui est notamment reproché une proximité jugée dangereuse avec certains de ses clients, dont il aurait fini par adopter les codes et le langage.

Des liens étroits avec les têtes de la DZ Mafia

L’avocat a d’abord assuré la défense de Gabriel O., considéré comme l’un des dirigeants de la DZ Mafia, incarcéré au quartier de haute sécurité de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais. Kamel A. a ensuite pris en charge le dossier d’Amine O., un autre chef présumé du réseau, également arrêté lors de ce récent coup de filet.

Ce dernier profil est jugé particulièrement dangereux par les autorités. Incarcéré un temps à Villefranche-sur-Saône, Amine O. aurait échangé des messages avec le narcotrafiquant Mohamed Amra durant sa cavale. Transféré par la suite à Bourg-en-Bresse, il est soupçonné d’y avoir commandité l’assassinat de Mehdi Kessaci, le frère d’un militant associatif luttant contre le trafic de drogue à Marseille. Suite à ces événements, le détenu a été déplacé vers la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe.

Soupçons de corruption et de complicité d’évasion

Les enquêteurs accusent le pénaliste de multiples manquements graves. En décembre dernier, lors d’une visite à son client à Condé-sur-Sarthe, le portique de sécurité de la prison aurait sonné à plusieurs reprises au niveau de ses sous-vêtements. L’accès au parloir lui avait alors été refusé. L’intéressé a toujours fermement contesté toute tentative d’introduction d’objets illicites, justifiant ces alertes par la présence d’un corset médical porté dans le cadre d’une opération bariatrique.

Les soupçons de l’administration pénitentiaire et de la justice vont cependant plus loin. Kamel A. est suspecté d’avoir réussi à introduire un routeur 4G au sein du centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse. De plus, en septembre dernier, une importante liasse de billets a été interceptée par les surveillants à la prison de Vendin-le-Vieil. Enfin, l’avocat aurait mis à disposition la ligne téléphonique de son propre cabinet pour permettre à Gabriel O. de contourner le secret des correspondances. Ce stratagème aurait eu pour but de faciliter les communications du détenu avec l’extérieur afin de planifier une tentative d’évasion.

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