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Une tragédie familiale suscite une vive émotion en Inde et relance le débat sur l’addiction aux écrans chez les adolescents. Jeudi, les autorités ont ouvert une enquête suite au suicide collectif de trois sœurs dans la banlieue de New Delhi, survenu dans un contexte de dépendance numérique extrême.
Les premières investigations révèlent que les jeunes filles, fascinées par la culture populaire sud-coréenne, ont commis l’irréparable après avoir été privées de leurs smartphones par leurs parents.
Un saut fatal du neuvième étage
Le drame s’est déroulé mercredi matin à Ghaziabad. Les trois victimes, âgées respectivement de 12, 14 et 16 ans, se sont jetées dans le vide depuis le balcon de leur appartement situé au neuvième étage.
Selon les rapports de police relayés par la presse locale, ces adolescentes vivaient en marge de la société. Déscolarisées depuis plusieurs années, elles passaient la majeure partie de leur temps connectées sur leurs téléphones portables, isolées du monde réel.
Coupées de leur « univers parallèle »
L’élément déclencheur de ce geste désespéré semble être une sanction parentale. Le père des jeunes filles, inquiet de leur comportement, avait récemment confisqué les appareils mobiles. Il leur avait formellement interdit l’accès aux jeux en ligne ainsi que le visionnage de séries coréennes, les fameux « K-dramas ».
Alok Priyadarshi, officier de police en charge du dossier, a déclaré que les sœurs semblaient vivre dans un « univers parallèle coréen ». Totalement absorbées par cette culture, elles avaient perdu tout lien avec la réalité scolaire et sociale quotidienne.
Une fascination obsessionnelle
Le père, Chetan Kumar, a confirmé cette emprise lors de son audition. Il a expliqué que ses filles nourrissaient une profonde addiction pour tout ce qui provenait de Corée du Sud, allant des productions télévisuelles à la musique. « Elles disaient souvent qu’elles voulaient aller en Corée », a-t-il témoigné.
Cet événement tragique met en lumière l’influence massive de la culture sud-coréenne en Inde. Initiée par des succès musicaux mondiaux au début des années 2010, cette vague culturelle, qui englobe désormais la gastronomie et les cosmétiques, fascine une grande partie de la jeunesse des métropoles indiennes, soulevant parfois des inquiétudes quant aux excès liés à la consommation numérique.
