La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné un jeune homme à vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour l’assassinat d’un septuagénaire à Marseille. L’accusé, qui a agi avec la complicité de son petit frère, justifiait son geste par des soupçons de pédophilie à l’encontre de la victime. Il prétendait vouloir débarrasser la société d’un individu qu’il jugeait dangereux.
Lors du procès, l’avocat général avait requis une peine de trente ans, invoquant un risque important de récidive. La condamnation a finalement été assortie d’un suivi socio-judiciaire d’une durée de cinq ans à sa sortie de prison. Le magistrat a souligné que l’accusé s’était érigé en justicier, décidant du droit de vie ou de mort face à ce qu’il percevait comme la décadence de la société, bafouant ainsi l’autorité des tribunaux.
Un crime d’une violence inouïe
Le drame s’est noué le 10 août 2023. L’accusé, accompagné de son frère cadet alors âgé de quatorze ans, s’est rendu au domicile marseillais de la victime. Quelques jours auparavant, le jeune homme s’était prostitué auprès de ce septuagénaire par l’intermédiaire du site de rencontres Coco.
Sur place, les deux frères ont infligé de multiples coups de couteau à la victime. L’homme a finalement été égorgé dans sa baignoire, subissant des blessures d’une telle gravité que le médecin légiste a évoqué une quasi-décapitation. Pour sa participation à ce crime, le frère mineur a été condamné à quinze ans de réclusion par la chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, bénéficiant de l’excuse de minorité.
Fascination morbide et troubles psychiatriques
L’enquête a révélé des éléments troublants sur la personnalité du principal accusé. Durant l’instruction, ce dernier a avoué avoir voulu découvrir ce que l’on ressentait en ôtant la vie. Cette fascination pour la violence n’était pas nouvelle : ses enseignants avaient déjà signalé son obsession pour les armes ainsi que des dessins illustrant des scènes macabres.
Bien que les agresseurs aient dérobé de l’argent, un téléphone et des clés après les faits, la justice a écarté le mobile purement financier. Un expert psychiatre a d’ailleurs mis en lumière les fragilités de l’accusé, diagnostiquant un trouble du spectre autistique. Cette pathologie se manifesterait par un fort isolement, une absence d’empathie et une incapacité à décrypter les émotions d’autrui.
Pour la défense, incarnée par maîtres Rami Chahine et Denis Fayolle, le verdict démontre que les jurés ont su appréhender la complexité du dossier. Selon eux, le tribunal a réussi à dépasser l’effroi suscité par les faits pour analyser les circonstances exceptionnelles ayant fait basculer ce jeune de dix-huit ans, au casier judiciaire vierge, dans une telle violence.
