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L’enquête sur la disparition et la mort du petit Émile, survenue en juillet 2023 au Haut-Vernet, connaît de nouveaux rebondissements judiciaires. Alors que les grands-parents de l’enfant ont été récemment placés en garde à vue avant d’être relâchés, leurs conseils entendent désormais dynamiser l’instruction en sollicitant des actes précis.
Philippe et Anne Vedovini, ainsi que deux de leurs enfants, avaient été retenus par les enquêteurs en mars 2025 dans le cadre d’une procédure pour homicide volontaire et recel de cadavre. Bien que cette garde à vue ait été levée sans charge immédiate 48 heures plus tard, le parquet d’Aix-en-Provence a souligné que la piste familiale restait une hypothèse de travail, notamment suite aux expertises révélant un traumatisme facial violent sur l’enfant.
Une volonté de participation active
Malgré le climat de suspicion, la famille souhaite s’impliquer pleinement dans la recherche de la vérité. Les avocats des grands-parents ont officiellement déposé une demande d’actes supplémentaires auprès des juges d’instruction la semaine dernière. L’objectif affiché n’est pas de remettre en cause le travail de la section de recherches de Marseille, mais d’apporter un regard nouveau sur le dossier.
Maître Julien Pinelli, avocat de la grand-mère, explique que cette démarche vise à croiser les points de vue. Suite à un retour de la famille sur les lieux en novembre, les avocats estiment que certaines zones géographiques, incluant des terrains agricoles et des habitations en périphérie du hameau, méritent des investigations plus poussées. Ils demandent également un approfondissement de l’analyse de la téléphonie et de certains témoignages déjà versés au dossier.
La question des tests ADN au Haut-Vernet
Un point central des nouvelles requêtes concerne la génétique. Les défenseurs des grands-parents réclament le prélèvement ADN de l’ensemble des habitants du Haut-Vernet. Maître Isabelle Colombani, avocate du grand-père, déplore l’absence d’une telle mesure dans ce hameau isolé, alors qu’elle est courante dans des affaires de plus grande ampleur. Selon elle, la solution de l’énigme étant locale, cette expertise scientifique est indispensable.
Cependant, cette demande se heurte au scepticisme de certains experts. Le général François Daoust, ancien directeur de l’IRCGN, juge cette initiative techniquement peu concluante à ce stade. Il rappelle que les traces ADN retrouvées sur le crâne et les vêtements du garçonnet sont partielles. Une comparaison avec les profils des villageois risquerait de faire ressortir de nombreuses correspondances non significatives, faute de matériel génétique de qualité suffisante pour une discrimination efficace.
La suite de la procédure
Les magistrats instructeurs disposent d’un délai légal de trente jours pour répondre à ces demandes d’actes ou motiver leur refus. Parallèlement, les gendarmes poursuivent leurs propres vérifications. Ils s’attellent notamment à déterminer le lieu exact du décès et l’endroit où le corps aurait pu être conservé avant sa découverte.
L’attention des enquêteurs se porte également sur deux vélos saisis en décembre dernier dans la résidence secondaire des grands-parents. L’analyse de ces bicyclettes vise à déceler d’éventuelles traces exploitables, une étape qui pourrait soit ouvrir de nouvelles portes, soit refermer définitivement cette piste spécifique.
