Le procès de l’islamologue suisse Tariq Ramadan, accusé de viols sur trois femmes entre 2009 et 2016, s’est ouvert ce lundi devant la cour criminelle départementale de Paris. Toutefois, l’audience a débuté en l’absence notable du principal intéressé.
Âgé de 63 ans et déjà condamné par la justice helvétique pour un viol commis sur une autre femme, le prédicateur devait comparaître jusqu’au 27 mars devant un panel composé uniquement de juges professionnels. Pour les crimes qui lui sont reprochés sur le territoire français, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
Une hospitalisation en Suisse
Atteint de sclérose en plaques, Tariq Ramadan ne s’est pas présenté au tribunal. Son avocate a indiqué qu’il était hospitalisé à Genève depuis samedi. En s’appuyant sur un courrier du médecin traitant de son client, la défense a formellement demandé à la présidente de la cour le renvoi du procès, afin que l’accusé soit en état physique de comparaître.
Pour justifier la présence de son client sur le territoire helvète, alors qu’il est soumis à un contrôle judiciaire lui interdisant de quitter la France sans en informer la justice, son avocate a expliqué qu’il vivait près de la frontière. Elle a précisé qu’il se rendait régulièrement à Genève depuis plusieurs mois au chevet de sa mère de 93 ans, et que cette hospitalisation imprévue est survenue au cours de l’un de ces déplacements.
Un contrôle judiciaire rappelé à l’ordre
Ces explications ont immédiatement fait réagir la présidente de la cour. La magistrate a tenu à rappeler avec fermeté que les conditions strictes de son contrôle judiciaire imposaient à Tariq Ramadan de résider à Saint-Denis, en région parisienne, et non à la frontière franco-suisse.
La juridiction doit désormais entendre les arguments de l’ensemble des parties prenantes avant de trancher sur un éventuel report des audiences.
