Ce que révèle la position de Steven Seagal vis‑à‑vis de la Russie

Aux États‑Unis, la carrière de Steven Seagal a perdu de son éclat ces dernières années. Accusations liées au mouvement Me Too et une filmographie qui n’a plus vraiment convaincu le public ont détérioré son image nationale.
Cependant, de façon surprenante, il connaît un meilleur accueil du côté de la Russie. Dès 2013, des anecdotes étranges circulent à propos de ses visites de bonne volonté, notamment une scène où il semble se frapper lui‑même dans une tentative de participer à une danse traditionnelle tchétchène.
La situation a pris une tournure officielle : une demande d’obtenir pour lui un rôle consulaire d’honneur en Californie et en Arizona a été évoquée, puis rejetée. Par la suite, il a reçu la nationalité russe en 2016, puis été nommé en 2018 « envoyé spécial » chargé d’améliorer les relations entre la Russie et les États‑Unis.
Ces faits soulèvent trois questions simples mais insistantes :
- Quoi ?
- Comment ?
- Pourquoi ?
Un ambassadeur de la culture populaire délibérément déroutant

Il paraît peu probable que cette relation entre Vladimir Poutine et Steven Seagal soit le fruit d’une rencontre fortuite. Certains observateurs pensent qu’il s’agit d’une stratégie volontaire.
Selon cette lecture, le président russe valoriserait une forme de chaos contrôlé : maintenir un climat instable favorise son maintien au pouvoir, et la présence de célébrités au Parlement ou dans d’autres rôles surprenants participe de cette logique.
Recruter une star américaine incarnant ce que beaucoup qualifieraient de culture « lowbrow » et inauthentique permettrait de continuer à cultiver cette image déroutante. Après tout, si des acteurs politiques s’entourent de figures improbables, la nomination d’un « envoyé spécial » aussi inattendu que Steven Seagal s’inscrit dans une continuité de provocations calculées.
Cette interprétation n’épuise pas toutes les significations possibles, mais elle offre un angle pour comprendre pourquoi la présence de Seagal dans le paysage diplomatique russe peut paraître à la fois incongrue et délibérément orchestrée.
