Alimentation 2030 : Nutri-Score, pubs et bio, la nouvelle stratégie

par Olivier
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Alimentation 2030 : Nutri-Score, pubs et bio, la nouvelle stratégie
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Le gouvernement a officiellement levé le voile sur sa très attendue Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC). Ce document cadre ambitionne de définir la politique alimentaire de la France jusqu’en 2030. L’enjeu est de taille, alors que l’alimentation représente un quart des émissions de gaz à effet de serre du pays et que 17 % de la population est en situation de surpoids.

Cette feuille de route, déclinée en quatre axes majeurs et vingt objectifs, tente de répondre à une triple problématique : sociale, environnementale et sanitaire. Elle prend également en compte la précarité alimentaire qui touche aujourd’hui 16 % des Français. Voici les transformations concrètes à anticiper.

Extension du Nutri-Score et affichage environnemental

Déjà bien connu des consommateurs sur les emballages industriels, le Nutri-Score pourrait voir son usage s’élargir. La stratégie prévoit une phase d’expérimentation de trois ans pour étendre ce système de notation aux produits non pré-emballés ainsi qu’à la restauration hors foyer.

Parallèlement, un nouvel indicateur va faire son apparition : l’affichage environnemental. Après une période de développement concerté, cet outil permettra aux consommateurs de visualiser l’impact climatique de leurs achats. Pour l’instant, le gouvernement privilégie une approche incitative, évoquant un affichage sur la base du volontariat.

Vers plus de transparence et de produits durables

À l’horizon 2030, la transparence devrait devenir la norme pour les distributeurs et la restauration commerciale. Le texte prévoit de rendre obligatoire la communication sur la part d’achats de produits dits « durables et de qualité », selon les critères de la loi EGAlim.

Actuellement, seules les cantines sont soumises à des quotas précis (50 % de produits durables dont 20 % de bio). Si la nouvelle stratégie n’impose pas encore de pourcentage minimum au secteur privé, elle mise sur l’obligation d’affichage pour créer un effet d’entraînement vertueux.

Encadrement du marketing ciblant les jeunes

La protection des enfants face au marketing agroalimentaire constitue un autre pilier du plan. Le document souligne la nécessité de réduire l’exposition des plus jeunes aux publicités vantant des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés, tant sur les médias traditionnels que numériques.

Dans un premier temps, les autorités s’appuieront sur la mise en œuvre de la Charte alimentaire 2025-2029 et inciteront les annonceurs à intégrer le Nutri-Score dans leurs communications. Toutefois, la SNANC prévient : si les efforts volontaires des industriels s’avèrent insuffisants, des mesures réglementaires contraignantes pourraient être adoptées pour encadrer strictement la publicité alimentaire.

Restauration collective, Bio et lutte anti-gaspillage

Le champ d’action de la régulation nutritionnelle s’étend désormais au-delà des écoles. Pour la première fois, la qualité des repas servis dans les crèches, les établissements pénitentiaires et les EHPAD sera encadrée réglementairement.

Concernant l’agriculture biologique, l’objectif est ambitieux : atteindre 12 % de la consommation alimentaire en valeur d’ici 2030, contre environ 5,4 % actuellement. Enfin, la lutte contre le gaspillage alimentaire, qui concerne 18 % de la production nationale, va s’intensifier. Les autorités annoncent un renforcement des contrôles et des sanctions, s’appuyant sur l’arsenal législatif de la loi anti-gaspillage de 2016.

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