Harcèlement scolaire: 16 % des primaires victimes selon une étude

par Olivier
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Harcèlement scolaire: 16 % des primaires victimes selon une étude
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Plus de 16 % des enfants âgés de 6 à 11 ans seraient probablement victimes de harcèlement scolaire, et ces enfants présentent une probabilité plus élevée d’avoir au moins un trouble de la santé mentale, selon les résultats de l’enquête Enabee. Les données proviennent des réponses fournies par les parents et les enseignants de 8 200 élèves scolarisés du CP au CM2, recueillies en 2022 et croisées avec des informations sur la santé, l’environnement familial et le milieu socio‑économique.

Questions posées et liens avec la santé mentale

Les parents et les professeurs devaient indiquer si l’enfant était « harcelé ou tyrannisé par d’autres enfants » et s’il « se bagarrait souvent avec les autres enfants ou les tyrannisait ». Les résultats montrent que les enfants identifiés comme victimes probables de harcèlement scolaire et ceux présentant des comportements agressifs ont plus souvent au moins un trouble probable de santé mentale — parmi lesquels un état anxieux, des comportements défiants, des troubles de l’attention ou une hyperactivité.

Chez les enfants à la fois victimes et agressifs, 40,9 % présentent au moins un trouble probable de santé mentale, contre 6,8 % chez les enfants qui ne sont ni victimes ni agressifs.

Profil socio‑économique et différences selon le sexe

L’enquête indique que les enfants agressifs ou susceptibles d’être victimes de harcèlement scolaire sont plus fréquemment issus de familles monoparentales, ont un parent dont le niveau de diplôme est inférieur ou équivalent au baccalauréat et vivent dans une situation financière perçue comme difficile. L’étude ne propose pas d’explication causale à ces constats, mais relève clairement ces associations.

Elle montre aussi que les filles sont davantage identifiées comme victimes probables de harcèlement scolaire et présentent moins souvent de comportements agressifs que les garçons.

Repérage et interventions précoces

Selon Marianne Sentenac, chargée de projets scientifiques sur l’enquête Enabee, ces résultats confirment la nécessité de « renforcer le repérage et la prise en charge précoce des situations de harcèlement dès le niveau élémentaire, notamment par le développement des compétences psychosociales de l’enfant ».

Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte d’études antérieures : un volet récent d’une enquête de l’Éducation nationale indiquait qu’une part importante des écoliers subissaient régulièrement au moins une atteinte psychique, physique ou sexuelle.

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