Mort de Benjamin à Arcachon : Vers la création d’un homicide maritime ?

par Olivier
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Mort de Benjamin à Arcachon : Vers la création d'un homicide maritime ?
Société

Le drame survenu en mai dernier à Arcachon continue de mobiliser les proches de la victime. Les parents du petit Benjamin Mano, décédé à l’âge de 8 ans, ont été entendus ce mardi à l’Assemblée nationale. Leur demande est précise : ils sollicitent la création d’un délit d’« homicide maritime » avant le mois de juillet et le lancement de la saison touristique.

Cette requête fait écho à l’accident tragique qui a coûté la vie à leur enfant. Alors qu’il suivait un cours d’Optimist, le jeune garçon a été mortellement percuté par un marin-pêcheur. La barge de ce dernier naviguait à une cinquantaine de mètres du rivage, à l’intérieur de la zone réservée au club de voile de La Teste-de-Buch, en Gironde.

Une législation jugée inadaptée aux drames en mer

L’enquête a révélé des éléments accablants concernant le pilote du navire impliqué. Âgé de 30 ans et déjà condamné à plusieurs reprises pour des infractions liées aux stupéfiants, l’homme a été contrôlé positif à la cocaïne et au cannabis suite au drame. Il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès.

Devant les députés, le père de Benjamin a dressé un parallèle marquant pour illustrer la gravité des faits : « Si on traduit cela sur la route, il s’agit d’un accident avec une voiture qui roule à 150 km/h devant une école ». Actuellement, aucun texte de loi ne réprime spécifiquement la navigation après usage de drogue, contrairement aux dispositions existantes dans le Code de la route.

Vers un alignement sur le droit routier ?

La députée de Gironde Sophie Panonacle porte deux décrets visant à adapter certaines règles routières au domaine maritime. L’objectif est de sanctionner les grands excès de vitesse et la conduite en état d’ivresse en mer. Des mesures permettant la rétention du navire et la suspension du permis de navigation en cas de consommation de stupéfiants sont également envisagées.

Toutefois, en raison du principe de non-rétroactivité des lois, ces évolutions ne s’appliqueront pas à l’affaire Benjamin Mano. Selon un avocat pénaliste spécialiste du droit de la mer, la qualification retenue restera probablement l’homicide involontaire, passible de trois ans d’emprisonnement, ou cinq ans avec circonstances aggravantes.

Des contrôles difficiles à mettre en œuvre

Les spécialistes du droit soulèvent également des difficultés pratiques. La création d’un délit spécifique pourrait avoir un effet symbolique fort, mais les contrôles en mer restent complexes. Les excès de vitesse sont souvent constatés de manière empirique par les autorités, faute d’équipements de mesure précis systématiques. Si ces constats sont rarement contestés, c’est souvent parce que le coût d’une procédure judiciaire dépasse largement le montant des amendes, généralement comprises entre 300 et 500 €.

Selon le dernier bilan de la préfecture maritime de Méditerranée, près de la moitié des infractions relevées en 2025 concernaient la vitesse et le non-respect des zones de navigation. L’avocat des parents de Benjamin espère que ce drame rappellera que « la mer n’est pas une zone de non-droit ». L’instruction du dossier est actuellement en cours de clôture.

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