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La monarchie britannique n’est pas la seule à traverser une zone de turbulences. Depuis plusieurs mois, la famille royale de Norvège se retrouve sous le feu des projecteurs, secouée par des affaires retentissantes. L’actualité est marquée par l’ouverture récente, à Oslo, du procès de Marius Borg Høiby. Le fils de la princesse héritière, né d’une précédente union, fait face à des accusations de viols pour lesquelles il a plaidé non coupable.
Parallèlement, sa mère, la princesse Mette-Marit, se trouve elle-même au cœur d’une tempête médiatique. La presse norvégienne a récemment dévoilé des échanges passés entre la future reine et le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels. Ces révélations simultanées plongent la couronne dans une crise institutionnelle majeure.
La chute du « petit Marius »
Le procès de Marius Borg Høiby suscite un intérêt considérable en Norvège. L’image de celui que le public surnommait affectueusement « le petit Marius », aperçu au balcon lors du mariage princier, contraste violemment avec les graves accusations actuelles. Pour l’opinion publique, assister à cette descente aux enfers est un processus douloureux, empreint d’une certaine ambivalence.
Bien que Marius n’ait jamais été un membre officiel de la maison royale et ne représente pas l’État, ses actions rejaillissent inévitablement sur l’institution. Les experts soulignent le lien affectif fort qui unit les Norvégiens à leur famille royale, en particulier envers le roi Harald V et le prince Haakon. La population ressent une peine sincère de voir l’œuvre d’une vie fragilisée par les actes de l’entourage proche.
L’ombre de l’affaire Epstein
Si le cas de Marius est traité comme un fait divers grave, les révélations concernant Mette-Marit et Jeffrey Epstein posent un problème d’une autre dimension. La princesse héritière, destinée à devenir reine, voit son jugement remis en cause. La couverture médiatique intense autour de ces anciens liens éclipse presque les autres actualités.
Cette situation ravive également l’intérêt pour le passé de la princesse. Son arrivée dans la famille royale avait déjà été complexe en raison d’une adolescence tumultueuse et du passé judiciaire du père de son fils. Si Mette-Marit avait réussi à gagner le respect et l’affection des Norvégiens par son travail et son dévouement aux côtés du prince Haakon, ce nouveau scandale fragilise considérablement sa position.
Une crise de confiance institutionnelle
Face à ces épreuves, le prince Haakon tente de maintenir la stabilité de la monarchie. Souvent en première ligne pour suppléer son père malade, il bénéficie d’une image positive grâce à son investissement et sa communication. Il a d’ailleurs publiquement exprimé son soutien à son beau-fils tout en reconnaissant la gravité de la situation et en ayant une pensée pour les personnes affectées.
Néanmoins, l’accumulation des scandales commence à éroder la confiance du public. Des interrogations sérieuses émergent quant à la capacité de Mette-Marit à assumer son futur rôle de reine. Si une destitution est constitutionnellement impossible, certains observateurs suggèrent qu’un retrait de la vie publique pourrait être nécessaire.
La crise est telle que même le Premier ministre norvégien, habituellement en retrait des affaires du palais, a invité la princesse à s’expliquer. Alors que le couple royal vieillissant s’appuie de plus en plus sur la génération suivante, le fait que celle-ci soit incarnée par des figures désormais controversées place l’institution dans une situation inédite et délicate.
