Pour la première fois de l’histoire, un pape américain siège à Rome. Le nouveau souverain pontife est le cardinal Robert Prevost, âgé de 69 ans, un missionnaire américain ayant passé de nombreuses années au Pérou. Le 8 mai 2025, il a été accueilli par une foule immense sur la place Saint-Pierre après avoir été élu premier pape américain des 2 000 ans d’histoire de l’Église catholique.
L’annonce est survenue au deuxième jour du conclave, alors que 133 cardinaux étaient réunis dans la chapelle Sixtine pour désigner leur nouveau dirigeant. Un panache de fumée blanche s’échappant de la cheminée, suivi du son triomphal des cloches, a signalé la nouvelle au monde entier. Après la déclaration officielle du célèbre « Habemus Papam » (« Nous avons un pape ») depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre, le nouveau pontife a prononcé ses premiers mots : « Que la paix soit avec vous tous ».

Conformément à la tradition catholique romaine, le nouveau pape a adopté un nom de règne, se présentant sous le titre de Léon XIV. Bien que le nom de Léon remonte à plusieurs siècles dans l’histoire de l’Église et ait été porté par 13 prédécesseurs, cela faisait plus de 100 ans qu’un pape n’avait pas fait ce choix. Mais pourquoi avoir sélectionné ce nom précis ?
La symbolique derrière le nom

Lorsqu’il choisit son nom, le pape ne se base pas simplement sur une sonorité agréable. Ce choix revêt une signification symbolique profonde, reflétant ses valeurs et l’héritage qu’il souhaite laisser à l’Église catholique. Comme l’a souligné le prêtre catholique Ed Tomlinson dans The Independent, ce nom semble indiquer une continuité tout en suggérant un pape qui saura faire preuve de force en temps de crise, une caractéristique historique des papes nommés Léon.
Il est également courant que les nouveaux pontifes choisissent un nom en hommage aux prédécesseurs qu’ils souhaitent imiter. Selon le révérend Thomas Reese, interrogé par The Washington Post, le choix de Léon XIV démontre un engagement envers la doctrine sociale de l’Église, rendue fondamentale par son prédécesseur Léon XIII.
Ayant dirigé l’Église catholique romaine de 1878 à 1903, Léon XIII était connu pour avoir insufflé un esprit nouveau à la papauté. Il a embrassé les processus scientifiques et s’est attaqué aux problèmes sociaux et économiques à travers son encyclique majeure, « Rerum Novarum », portant sur la condition des classes ouvrières.
L’histoire des papes choisissant leur propre nom

La pratique consistant à choisir son propre nom n’a pas toujours existé. À l’exception du Romain Mercurius – nommé d’après le dieu romain Mercure – qui changea son nom en Jean II lors de son accession au trône au VIe siècle, les papes ont utilisé leurs noms de naissance pendant des siècles. Ce n’est qu’au milieu du XXe siècle que les papes ont commencé à sélectionner des noms pour s’aligner avec la vision de leur pontificat.
Parmi les noms les plus fréquemment choisis figurent Jean (21 fois), Grégoire (16 fois) et Benoît (14 fois). Le nom de Léon rejoint désormais ce dernier en popularité avec 14 occurrences. Si l’histoire se répète souvent, le pape François, décédé le 21 avril 2025, avait été le premier depuis le pape Lando en 913 à choisir un nom jamais utilisé auparavant, s’inspirant de Saint François d’Assise pour prôner la paix et l’inclusivité durant son règne.
Si l’histoire témoigne de la puissance du nom Léon, il s’agit d’un choix fort. Évoquant l’héritage de Léon XIII, le père Vito Crincoli a expliqué à ABC News que ce prédécesseur aimait son peuple et considérait l’homme non comme une machine, mais comme un être dont le travail reflétait la dignité. La raison exacte pour laquelle Robert Prevost a choisi de devenir Léon XIV reste un sujet fascinant qui se dévoilera au fil de son pontificat.
