Une rumeur a récemment enflammé les réseaux sociaux, relatant la mésaventure supposée d’un agriculteur du Morbihan. Selon ce récit, relayé notamment par une personnalité publique sur la plateforme X, un éleveur aurait reçu une amende de 3 700 euros de la part de l’Office français de la biodiversité (OFB). Le motif allégué ? Avoir abattu une de ses propres vaches sur son exploitation pour sa consommation personnelle, tentant ainsi d’économiser les frais d’abattoir.
Pourtant, cette histoire est infondée. Si l’abattage à la ferme est effectivement soumis à une réglementation stricte, l’OFB n’a aucune compétence en la matière. C’est la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) qui assure ces contrôles. Contactés, les services de l’État dans le Morbihan ont formellement démenti être intervenus pour un tel constat ces dernières années ou avoir dressé un procès-verbal de ce type.
Une réglementation sanitaire stricte pour les bovins
En France, l’abattage des animaux de boucherie (bovins, ovins, caprins, porcins, équidés) destinés à la consommation humaine ne peut se faire n’importe où. La loi impose que ces opérations se déroulent impérativement dans un abattoir agréé. Cette obligation vise à garantir la sécurité sanitaire grâce à une inspection vétérinaire systématique des carcasses et à leur estampillage.
Des exceptions existent, mais elles sont très limitées. L’abattage d’urgence sur l’exploitation est autorisé en cas d’accident rendant le transport de l’animal impossible, ou pour certains animaux dangereux. Toutefois, même dans ce cas de figure, une inspection vétérinaire ante-mortem est obligatoire, et la carcasse doit ensuite rejoindre un abattoir pour l’inspection sanitaire finale.
Le cas particulier de l’abattage familial
Il existe une dérogation connue sous le nom d’abattage familial, mais elle ne s’applique pas aux bovins. Un éleveur a le droit d’abattre lui-même, sur sa ferme, des moutons, des chèvres ou des cochons qu’il a élevés et soignés. Cette pratique est conditionnée au respect strict du bien-être animal, incluant l’étourdissement préalable obligatoire et la saignée immédiate pour éviter toute souffrance.
Il est crucial de noter que la viande issue de cet abattage familial est réservée à la consommation exclusive du foyer de l’éleveur ; elle ne peut en aucun cas être commercialisée. Pour les volailles et lapins, une tolérance similaire existe pour les petites quantités, ne dépassant pas certains seuils annuels.
En revanche, l’abattage à domicile d’une vache, d’un veau ou d’un cheval demeure strictement interdit. Les contrevenants s’exposent à des sanctions lourdes, pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.
Quant aux coûts évoqués dans la rumeur pour justifier l’acte de l’éleveur, ils ne sont pas totalement déconnectés de la réalité économique. L’abattage d’un bovin en structure agréée coûte en moyenne entre 500 et 600 euros. Si l’on ajoute les frais de découpe, la facture totale pour un éleveur souhaitant récupérer sa viande prête à consommer oscille généralement entre 1 150 et 1 400 euros hors taxes.
