Iran: répression, internet coupé et réactions internationales

par Olivier
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Iran: répression, internet coupé et réactions internationales
Iran

L’Iran traverse une vague de protestations d’ampleur nationale qui a débuté fin décembre. Ce mouvement, né d’exigences sociales liées à la dégradation du pouvoir d’achat et à l’inflation, a rapidement pris une tournure politique avec des slogans dirigés contre les institutions. Dans plusieurs grandes villes, dont Téhéran, des rassemblements nocturnes et des actions symboliques — comme des concerts de klaxons — ont défié la présence sécuritaire renforcée.

Un bilan humain qui s’alourdit

Les affrontements ont commencé le 28 décembre et ont causé un lourd bilan humain. Selon l’ONG Iran Human Rights, au moins 51 manifestants ont été tués depuis le début de la contestation, parmi lesquels neuf enfants. Des centaines de personnes ont également été blessées.

Des organisations telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch accusent les forces de sécurité d’avoir eu recours à des tirs de carabines à plomb, à des gaz lacrymogènes, à des canons à eau et à des violences physiques pour disperser des rassemblements décrits comme « largement pacifiques ». Ces méthodes sont dénoncées comme visant à « disperser, intimider et punir » les manifestants.

Craintes de répression et black-out d’Internet

Les défenseurs des droits humains expriment une vive inquiétude face au risque d’une répression de masse, aggravée par une coupure quasi totale d’Internet. La lauréate du prix Nobel de la paix 2003, Shirin Ebadi, a mis en garde contre la possibilité que les autorités exploitent un blackout des communications pour intensifier la répression : « Des indices crédibles laissent penser que la République islamique pourrait tenter de transformer cette nuit en un massacre, sous le couvert d’un black-out total des communications. »

L’ONG Netblocks indique que la connectivité a chuté à environ 1 % de son niveau habituel pendant plus de 24 heures. Pour plusieurs observateurs, cette coupure nationale d’Internet apparaît moins comme un problème technique que comme une tactique destinée à étouffer la contestation. Malgré ce black-out, des images vérifiées montrent des foules défiant les autorités à Téhéran, tandis que la télévision d’État diffuse des images de contre-manifestations et met en avant des destructions attribuées aux protestataires.

Les réactions internationales et la ligne du pouvoir

Les autorités iraniennes ont adopté une posture de fermeté. Le guide suprême Ali Khamenei a affirmé que la République islamique ne « reculera pas » face à ce qu’il qualifie de « sabotage ». Les Gardiens de la révolution ont jugé la situation « inacceptable » et le pouvoir judiciaire a prévenu que la répression des « émeutiers » serait « maximale ». Les autorités ont également annoncé la mort de membres des forces de sécurité et d’un procureur local lors d’affrontements. De son côté, Reza Pahlavi, figure de l’opposition en exil, a appelé à une intervention extérieure.

Sur la scène internationale, les condamnations se multiplient. Plusieurs dirigeants ont dénoncé le meurtre de manifestants et exigé que les autorités s’abstiennent de recourir à la violence et respectent les droits fondamentaux. L’Union européenne a qualifié la violence d’« inacceptable » et a estimé que la coupure d’Internet révélait « un régime qui a peur de son peuple ». Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a réclamé une enquête « rapide » et « indépendante ».

La situation illustre la conjonction entre contestation sociale et crise politique : l’Iran fait face à des protestations massives auxquelles répondent une répression sévère et une coupure des communications, soulevant des préoccupations internationales sur le respect des droits de l’homme et la liberté d’expression. Le thème central demeure visible dans les discours et les rapports actuels : Iran protestations répression Internet.

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