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Si Neil Diamond est surtout connu pour Sweet Caroline, l’étendue de sa discographie révèle une facette plus riche et surprenante. Des titres plus discrets des années 70 montrent une palette qui mérite d’être redécouverte. Sur 48 albums répartis sur six décennies, de véritables pépites restent à redécouvrir.

Choisir les morceaux sous-estimés n’est pas simple: beaucoup de titres partagent le même esprit, ce qui les rend faciles à confondre avec le reste de sa musique. Toutefois, certains morceaux s’en distinguent par leur approche différente, ce qui les rend dignes d’une relecture attentive. Cet article privilégie les pièces où l’originalité se ressent sans trahir l’ADN de Diamond.
Même si certains titres se retrouvent dans les années 60, l’accent est mis sur les années 70, période où Diamond explore des textures et des grooves variés. Nos choix démontrent qu’il n’était pas simplement le chanteur d’un style pâtissier, et que certaines chansons, bien que moins connues, méritent l’écoute attentive. On retient notamment Soolaimon, Crunchy Granola Suite et Walk on Water, sans occulter If You Know What I Mean et Mama Don’t Know.
Soolaimon
Avec sitar, congas, chœurs gospel et Hammond, Soolaimon révèle une créativité peu ordinaire chez Diamond. Sa mélodie demeure facile à suivre, ce qui permet à l’auditeur d’adhérer dès les premières secondes malgré son décor musical excentrique. La pièce s’inscrit au milieu de The African Trilogy, une longue suite issue de Tap Root Manuscript (1970), et témoigne d’un Diamond fasciné par les sonorités africaines, au Kenya notamment.
Plus tard, Diamond réinterprète Soolaimon en 2012 avec une production plus généreuse et des effets d’ambiance, comme la pluie et le tonnerre, et des cuivres et flûtes qui renforcent l’élan musical. On peut presque suivre l’artiste dans ce voyage jusqu’au bout de la piste.
Crunchy Granola Suite
Crunchy Granola Suite n’est pas une ode à Portland; Diamond l’avait imaginée comme une exploration musicale avant-gardiste dans Stones (1971). Le morceau mêle rock et folk, avec des guitares marquantes et des voix plus rauques, donnant une énergie très actuelle malgré son époque.
Son histoire va plus loin: Diamond aurait écrit cette pièce comme une ode au granola, symbole d’un mode de vie sain. Les paroles semblent truffer de lignes quasi absurdes qui ajoutent au charme décalé du morceau. Plus tard, lors d’un show en 2008 au Madison Square Garden, Diamond expliqua que l’album live Hot August Night avait aidé à faire connaître Crunchy Granola Suite.
Walk on Water
Présentée comme un morceau plus lent à l’écoute initiale, Walk on Water a tout de même atteint la 17e place du Billboard Hot 100 en 1972. La pièce s’ouvre calmement, avant de s’étoffer d’un chœur doo-wop et d’un arrangement gospel, avec des percussions et un piano sautillant, et même des touches qui évoquent le reggae. La chanson progresse et se développe sur environ trois minutes, démontrant la capacité de Diamond à transformer une pièce en voyage musical unique.
Selon Diamond lui-même, l’intention derrière les paroles pourrait être liée à sa mère. Le texte évoque l’idée de marcher sur l’eau et les images de lumière et d’aube, renforçant la dette personnelle et spirituelle qui traverse toute la chanson.
If You Know What I Mean
Issue de Beautiful Noise (1976), cette pièce est l’une des plus typiquement « Neil Diamond » tout en étant remarquablement exécutée. C’est une plainte vocale sur des jours qui passent et un amour qui s’éloigne, qui culmine dans une montée instrumentale où les cordes ajoutent une dimension poignante: on y entend le souvenir d’un carnaval et les rêves apportés par un autre monde.
Cette écriture donne à la chanson une impression de maturité et de regard sur la vie à travers les yeux d’un artiste plus ancien, contrastant avec l’euphorie et la simplicité des coups d’éclat de Sweet Caroline. Cette authenticité la rend intéressante et mérite l’écoute.
Mama Don’t Know
La pièce la moins écoutée de notre liste est aussi l’une des plus énergiques: sur September Morn (1979), Mama Don’t Know propose un groove syncopé et des guitares électriques qui apportent du mordant et une voix qui pousse au falsetto. L’outro instrumentale de trois minutes ajoute une touche distinctive sans être indispensable.
Les paroles semblent critiquer certaines formes de charité ou de prêche, avant d’ouvrir sur des thèmes plus durs liés au pouvoir. Cette chanson, qui a aussi été associée à une autre démarche plus spirituelle chez Diamond, demeure intéressante et mérite l’écoute.
