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À mesure que les baby-boomers grandissaient, la musique populaire évoluait en parallèle, les années 1950 à 1980 voyant des changements économiques et sociaux majeurs. Le rock, la country, la soul et le R&B ont envahi les ondes, tandis que le disco et le hip-hop apparaissaient en filigrane. Cette génération a donné lieu à des moments emblématiques comme Beatlemania et Woodstock, et a confirmé Elvis et Bob Dylan comme des légendes. Motown est devenu une institution grâce à cette énergie festive qui transparaît dans la musique de l’époque.

Isley Brothers — Shout, Pt. 1
Les Isley Brothers ont marqué l’horizon festif des boomers grâce à Motown. Ce label de Detroit a popularisé le son R&B et soul, offrant une plateforme à des artistes devenus des icônes. Le morceau Shout, Pt. 1 n’est peut-être pas le plus gros succès du catalogue, mais il a franchi le cap du million de copies vendues et devient le premier single du groupe à dépasser ce chiffre. Écrit par les trois frères eux-mêmes — O’Kelly Jr., Rudolph et Ronald — la pièce s’appuie sur une call-and-response issue d’une performance live. L’énergie déborde et fait du gospel familial une fête sur la piste de danse.
Beach Boys — Surfin’ USA
Depuis son ouverture en guitare jusqu’à son final enthousiaste, Surfin’ USA est une fête en elle-même. En popularisant le surf rock rendu célèbre par Dick Dale, cette chanson célèbre la Californie et le plaisir du surf. Les harmonies vocales et la voix de Mike Love dressent le tableau d’une jeunesse qui grandit au bord des vagues, faisant du morceau un hymne à la plage et aux bons moments. Sortie en 1963, Surfin’ USA est l’un des premiers grands hits du groupe et l’un des premiers à faire des Beach Boys une référence du surf et de l’été. Une question de droits d’auteur entourait le processus créatif, mais l’essentiel reste l’énergie et le charme nostalgique qui ont fait de cette chanson un classique des fêtes.
Earth, Wind & Fire — September
À la fin des années 70, les boomers aiment faire la fête et voient l’ère disco prendre son envol. Puisant dans le funk, la soul et le R&B, ce style a explosé grâce à des films comme Saturday Night Fever et au succès de groupes comme les Bee Gees et ABBA. September, publié en 1978, incarne le pic du disco avec ses cuivres, sa basse groovy, son rythme quatre sur le plancher et ses guitares lumineuses. Sur un lit de paroles tendres et d’un groove entraînant, ce morceau transporte toujours les boomers vers les clubs et les stations de radio de leur jeunesse. La chanson résulte d’une collaboration entre Maurice White, le chanteur principal, et le guitariste Al McKay avec la jeune parolière Allee Willis. Willis a voulu modifier l’un des gimmicks, mais White a préféré préserver le groove, une leçon qui perdure selon elle. Aujourd’hui encore, September domine les playlists et reste un incontournable des fêtes.
Stealers Wheel — Stuck in the Middle with You
Stuck in the Middle with You est bien plus qu’un simple morceau folk-rock entraînant; il raconte l’épreuve d’être pris au milieu d’une fête et d’un entourage professionnel parfois peu chaleureux. Gerry Rafferty, chanteur et co-auteur, évoque une soirée où il se retrouvait coincé entre deux cadres de label, entourés de leurs épouses. Cette réalité du monde musical devient le cadre du refrain accrocheur qui invite à taper des mains et danser sur une base de basse et de guitare slide. Sortie en 1973, la chanson atteint le sommet et reste le principal succès du groupe, qui se séparera en 1975. Elle renaît ensuite dans les années 90 lorsque Tarantino l’utilise dans Reservoir Dogs, donnant une nouvelle vie à ce morceau nostalgique des années 70 et incitant les boomers à chanter et danser.
Darryl Hall & John Oates — I Can’t Go for That (No Can Do)
Lorsque I Can’t Go for That atteint la première place du classement américain en janvier 1982, les boomers les plus âgés avaient atteint la quarantaine; Woodstock et disco appartenaient au passé, l’ère Reagan était en pleine action. Hall et Oates n’ont jamais craint le changement et ont embrassé les nouvelles technologies en ce début des années 80. Deuxième single de l’album Private Eyes (1981), la chanson démarre sur un beat préprogrammé par une boîte à rythmes Roland. S’y ajoutent quelques touches de guitare, et les synthétiseurs portent réellement la chanson vers une accroche durable. Issue d’une collaboration entre Hall, Oates et Sara Allen, des phrases comme « You’ve got the body / Now you want my soul » donnent l’impression d’une romance; pourtant, l’auteur explique que le morceau parle en réalité de l’industrie musicale et de la résistance face aux grands labels et managers, tout en restant fidèle à soi-même artistiquement. Quoi qu’il en soit, I Can’t Go for That (No Can Do) demeure une pièce entraînante et inventive, qui fait encore bouger les foules aujourd’hui.
