Divertissement

Dans la continuité des réflexions sur culture et comportement, il est éclairant d’observer comment la nourriture façonne nos liens sociaux. Des chercheurs affiliés à l’Institut Max Planck de Leipzig ont montré que, chez les chimpanzés, le partage de nourriture augmente l’ocytocine, hormone liée au lien social (https://www.sciencedaily.com/releases/2014/01/140116113504.htm).
De même, des travaux évoqués par la BBC suggèrent que, chez les singes et les grands singes, la nourriture sert parfois à « acheter » des partenaires ou des alliés, au sens social comme au sens plus intime (https://www.bbc.co.uk/blogs/wondermonkey/2011/07/why-do-people-and-other-primat.shtml). Sur le plan humain, ces dynamiques se retrouvent lors d’événements collectifs : le dimanche du Super Bowl, on célèbre en poussant de grandes quantités d’aliments riches en calories vers sa bouche tout en regardant des équipes rivales s’affronter sur le terrain.

Planter son « football » dans la bouche
Le dimanche du Super Bowl, les excès alimentaires atteignent des sommets : ce jour-là, à l’échelle nationale, seuls Thanksgiving font mieux en termes de volumes consommés, selon un classement relayé par Forbes (https://www.forbes.com/sites/geoffwilliams/2017/01/30/1-33-billion-chicken-wings-to-be-eaten-on-super-bowl-sunday-and-more-food-factoid-fun/#6406c6d54a49).
Pour se faire une idée des quantités en jeu, voici quelques estimations rapportées par les médias :
- Environ 1,38 milliard d’ailes de poulet consommées (https://time.com/5515947/buffalo-wings-super-bowl-history/).
- Près de 12,5 millions de pizzas commandées.
- Quatre fois la quantité habituelle de nachos.
- Des centaines de millions de livres d’avocats potentiellement utilisés pour le guacamole.
- Une consommation approchant 325 millions de gallons de bière.
Si ces chiffres donnent le vertige, il reste difficile de déterminer précisément la quantité « réellement » ingérée : une part non négligeable est jetée ou mise de côté pour plus tard. Néanmoins, ces estimations suffisent à comprendre l’ampleur de la fête gastronomique collective qui accompagne le Super Bowl.
Sur le plan commercial, ces habitudes profitent largement aux vendeurs : en 2018, Domino’s a vendu, selon certains bilans, suffisamment de pizzas pour couvrir l’équivalent de milliers de terrains de football (https://finance.yahoo.com/news/super-bowl-2019-party-food-wings-pizza-stats-182746085.html). Les retombées économiques et culturelles du phénomène dépassent donc largement le simple plaisir gustatif.
