Faits Divers : veuves noires et meurtres par intérêt
Dans cette section consacrée aux faits divers, nous explorons le phénomène des « veuves noires » : des femmes qui ont ciblé et éliminé plusieurs partenaires, souvent pour tirer un avantage financier. Parmi les motifs récurrents figurent les polices d’assurance, l’empoisonnement discret et l’exploitation de la sympathie sociale après un deuil.

Voici un panorama de cas emblématiques, présenté sous forme de fiches synthétiques pour faciliter la lecture et la comparaison.
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Lyda Southard — Née Lyda Trueblood en 1893, elle est accusée d’avoir tué plusieurs maris et proches pour toucher des assurances. Les corps exhumés révélèrent des traces d’arsenic, substance alors facilement obtenue, notamment via du papier tue-mouches dont l’arôme mortel pouvait être extrait. Arrêtée en 1921, elle s’évada en 1931 avant d’être finalement libérée en 1941.
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Chisako Kakehi — Au Japon, son procès a été l’un des plus longs et les plus médiatisés. À partir de 2007, elle a fréquenté des hommes par l’intermédiaire d’agences de rencontres ; certains sont morts après qu’elle leur eut administré du cyanure. Après des autopsies révélant la présence de cyanure, elle fut arrêtée et condamnée à mort, peine confirmée en appel.
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Judy Buenoano — Condamnée aux États‑Unis, elle est liée à plusieurs décès où l’arsenic joua un rôle, et à l’échec d’un attentat visant un fiancé dont la voiture explosa. Des enquêtes ont établi qu’elle avait perçu plusieurs polices d’assurance après des décès suspects dans son entourage. Exécutée en 1998, son dossier a marqué les débats judiciaires sur les femmes tueuses en série.
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Belle Gunness — On ignore le nombre exact de ses victimes, mais des restes humains retrouvés dans son enclos à cochons suggèrent au moins une douzaine de morts. Elle recrutait des hommes via les colonnes de rencontres, les attirait chez elle puis récupérait leurs biens ou assurances. Son domicile fut incendié; des restes furent découverts, mais l’identité exacte des personnes trouvées resta incertaine.
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Mary Elizabeth Wilson — Surnommée la « Merry Widow of Windy Nook », elle demeurait étrangement enjouée après la mort successive de plusieurs époux. Des exhumations montrèrent des signes d’empoisonnement au phosphore, provenant d’un raticide ou insecticide courant. Condamnée, elle échappa finalement à la pendaison pour une peine de prison à vie et mourut en détention.
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Nannie Doss — Connue sous le diminutif Nannie, elle a admis avoir tué plusieurs conjoints et proches. Des empoisonnements au raticide et des incendies suspects jalonnent son parcours, et l’autopsie du dernier mari révéla des traces d’arsenic. Après des aveux et des exhumations confirmatoires, elle fut condamnée à la prison à vie.
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Betty Lou Beets — Les corps de son quatrième et cinquième époux furent découverts enterrés sur sa propriété, tous deux abattus. Les circonstances de ces meurtres, et des tentatives antérieures — dont un attentat en voiture — conduisirent à son procès et à la peine capitale. Son exécution en 2000 fut suivie par les proches des victimes.
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Betty Neumar — Décédée en 2011, elle laisse derrière elle une série de maris morts dans des circonstances souvent troublantes : tirs, morts subites et récits contradictoires. Plusieurs affaires remontent à des décennies, et certaines affaires n’ont été formellement poursuivies qu’après de longs délais, faute de preuves immédiates.
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Mary Ann Cotton — Active au XIXe siècle, elle accumula les décès dans son entourage — enfants, époux et beaux‑enfants — et perçut des assurances. Les pratiques d’enregistrement de l’époque rendent difficile l’évaluation précise du nombre de victimes, mais son procès en 1873 se solda par une condamnation à mort et une exécution le mois même.
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Catherine Flannagan et Margaret Higgins — Ces deux sœurs de Liverpool exploitèrent le système des « burial societies » (fonds de funérailles) en provoquant des décès au sein de leurs proches afin de toucher l’argent destiné aux obsèques. Des exhumations révélèrent des overdoses d’arsenic chez plusieurs victimes ; elles furent exécutées en 1884 après qu’un meurtre ait déclenché l’enquête.
Ces affaires illustrent des modalités récurrentes : empoisonnement discret, manipulation des polices d’assurance, exploitation sociale du deuil et, parfois, impunité temporaire liée à des préjugés de genre. La rubrique suivante poursuivra l’examen de cas et des avancées médico‑légales ayant permis d’élucider de tels crimes.
