L’opération militaire américaine en Iran, officiellement baptisée « Fureur épique » par le Pentagone, a débuté le 28 février. Toujours en cours plusieurs jours après son lancement, elle a déjà ciblé de nombreux sites stratégiques, incluant des lieux de pouvoir, des bâtiments liés aux Gardiens de la révolution et diverses installations nucléaires.
Selon un responsable de l’armée américaine, plus de 2 000 frappes ont été menées au cours des quatre premiers jours de l’offensive. Qualifiant cette campagne de « sans précédent », il a affirmé que le nombre de bombardements lors des premières 24 heures représentait le double de ceux effectués au début de l’intervention en Irak, en mars 2003.
Plus de 1 000 frappes en une seule journée
Bien que les autorités américaines n’aient pas fourni de chiffres détaillés pour l’Iran, une comparaison historique permet d’évaluer l’ampleur de cette attaque. Un rapport déclassifié de l’US Air Force indique que 504 missiles avaient été tirés lors des premières heures de l’opération « Iraqi Freedom » en 2003. En suivant cette logique militaire, les États-Unis auraient ainsi mené au moins 1 008 frappes entre le 28 février et le 1er mars au Moyen-Orient.
Reste à savoir si cette campagne en Iran deviendra la plus intense de l’histoire militaire américaine récente. À titre de comparaison, près de 28 400 bombardements américains avaient été comptabilisés lors du premier mois de la guerre en Irak, un chiffre grimpant à plus de 29 100 si l’on inclut la participation des forces britanniques.
Une intensification nette face aux opérations de l’année passée
L’intensité exceptionnelle de « Fureur épique » contraste radicalement avec les précédentes interventions militaires. L’an dernier, l’armée américaine n’avait revendiqué que 205 frappes, réparties sur trois opérations distinctes : en Iran fin juin, en Syrie mi-décembre, et au Nigeria fin décembre.
L’opération de juin en Iran, nommée « Midnight Hammer », avait par exemple visé trois sites nucléaires. Le Pentagone y avait déployé 14 bombes lourdes antibunker GBU-57 et environ 75 armes à guidage de précision. Si l’administration américaine s’était alors félicitée d’avoir anéanti le programme nucléaire iranien, les services de renseignement avaient par la suite nuancé ce bilan, indiquant que le développement n’avait été que retardé de quelques mois.
Sur les autres fronts, l’opération « Hawkeye » menée en Syrie s’était traduite par plus d’une centaine de frappes contre des positions terroristes. Enfin, l’intervention au Nigeria ciblant l’État islamique avait été d’une ampleur plus restreinte, avec le lancement d’au moins seize missiles Tomahawk, dont quatre n’ont pas explosé, selon les informations de la presse américaine.
