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Vous êtes-vous déjà demandé ce que devenaient les graines de pissenlit une fois emportées par le vent ? La réalisatrice Momoko Seto a décidé de suivre leur périple semé d’embûches dans son œuvre inclassable intitulée Planètes. Dévoilé en clôture de la Semaine de la Critique à Cannes et récompensé au Festival d’Annecy, ce long-métrage accomplit le tour de force de passionner le public pour ces êtres minuscules. Une démarche poétique et fascinante qui rappelle l’impact du célèbre Microcosmos en 2003, mais cette fois-ci appliqué au monde végétal.
Un documentaire aux frontières du réel
Dans Planètes, ce sont les plantes et les créatures lilliputiennes qui tiennent les rôles principaux. La volonté première de la réalisatrice est de rappeler aux humains qu’ils ne sont pas le centre de l’univers, en mettant en lumière ces végétaux souvent ignorés. Bien qu’elle ait souhaité éviter un anthropomorphisme excessif, quelques traits humains ont été subtilement intégrés pour capter l’empathie des spectateurs.
Pour capturer la magie de ce microcosme, l’équipe a voyagé entre le Japon, la France et l’Islande. Le film fait la part belle aux prises de vues réelles, utilisant la technique du time-lapse pour filmer l’évolution de plantes grasses, de mousses et de champignons. Conseillée par une biologiste spécialisée en biodiversité, Momoko Seto a également eu recours à l’hyper-ralenti pour sublimer les spécificités de chaque graine, soulignant ainsi l’infinie richesse de la nature.
La prouesse technique de l’animation 3D
Afin d’insuffler la vie aux végétaux, la réalisatrice a d’abord dirigé de véritables acteurs. Leur mission était complexe : exprimer des émotions et simuler des déplacements sans visage ni membres. Cette chorégraphie a permis de définir une gestuelle unique pour chaque akène. Le relais a ensuite été pris par des graphistes en animation 3D, chargés de recréer ces héros de bout en bout.
C’est d’ailleurs ce travail minutieux de création numérique qui permet de classer Planètes dans la catégorie des films d’animation. À l’écran, le résultat est saisissant. Les petites graines de pissenlit deviennent terriblement attachantes, capables de provoquer chez le spectateur aussi bien des rires que de franches émotions.
Une épopée de science-fiction au son immersif
L’esthétique naturelle des akènes possède, vue de près, une dimension indéniablement futuriste. Une fois propulsées dans les airs, les graines découvrent des mondes inconnus et souvent hostiles, offrant au public une odyssée digne des sagas de science-fiction.
Pour parfaire ce voyage dépaysant, le design sonore a été confié à Nicolas Becker et Quentin Sirjacq, ce dernier ayant été oscarisé pour son travail sur Sound of Metal. Leur défi consistait à inventer les bruits d’un champignon ou d’un têtard dans cet univers miniature. Face à une limace, qui prend ici les proportions d’un cheval, les concepteurs sonores ont par exemple utilisé le cri majestueux de la baleine bleue.
À travers ce cocktail inédit mêlant documentaire, animation et science-fiction, Planètes tisse une réflexion subtile sur la symbiose et notre interdépendance avec le monde vivant. Sans jamais se montrer moralisatrice, cette œuvre parvient à divertir tout en invitant à une profonde remise en question de notre place dans la nature.
